Association Sorézienne

Les bustes de la Salle des Illustres


La Salle des Illustres contient aujourd'hui 48 bustes, inscrits à l'inventaire lors de la commission départementale des objets mobiliers du 25 avril 1995. Ils sont tous en plâtre, sauf un en bronze.
12 bustes attendent de prendre place.
Cette salle a été inaugurée le 12 août 1857 par le Père Lacordaire, lors des fêtes du centenaire de la réouverture de l'école en 1757 par Dom Fougeras.

Sont précédés de * les personnages n'ayant pas été élevés à Sorèze
Sont précédés de ** ceux qui font l'objet d'une rubrique dans la galerie de portraits

Noms,
dates d'entrée et de sortie de l'Ecole,
date du décès
Notices historiques
Dom Claude DEVIC
(1682-1687) + 1734
L'historien Dom Claude DEVIC, né à Sorèze le 15 juin 1670, l'auteur d'une admirable histoire du Languedoc, fut un des premiers élèves de ce collège dès 1682. A quinze ans, il entre au noviciat du monastère Bénédictin de la Daurade où il fait profession de foi en 1687. Professeur de rhétorique à l'Abbaye Saint SEVER en Gascogne, il est nommé à Rome comme procureur auprès du Pape CLEMENT XI. Dom DEVIC écrit, traduit en latin et publie à Padoue la vie du savant Bénédictin Dom MABILLON. Appelé à l'Abbaye de Saint-Germain des Prés, il entreprend à la demande des Etats du Languedoc, en 1715, une monumentale "Histoire Générale du Languedoc", aidé dans ce travail par Dom VAISSETE. Dom DEVIC meurt à l'Abbaye de Saint Germain le 23 janvier 1734 avant d'avoir achevé la publication de cet ouvrage.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 4 juin 1906.
Charles-Louis-Auguste FOUQUET,
Maréchal de BELLE-ISLE

(1694?-1700?) + 1761

et

Le Chevalier Louis-Charles-Armand, son frère
(170?-170?) + 1747

BELLE-ISLE (Charles-Louis-Auguste FOUQUET DE) , duc de Gisors, marquis de Belle-Isle-en-Mer, comte des Andelys et de Vernon, vicomte de Melun, baron de Vaux, prince du Saint-Empire, grand d'Espagne, maréchal de France, ministre de la guerre, membre de l'Académie française, chevalier de la Toison d'Or, chevalier des Ordres du Roi.
Petit-fils du surintendant Nicolas Fouquet, le maréchal de Belle-Isle naquit à Villefranche-de-Rouergue le 22 septembre 1684. Entré aux mousquetaires en janvier 1701, capitaine dans Royal-cavalerie le 7 janvier 1702, il servit d'abord à l'armée d'Allemagne, sous Catinat, et à l'armée du Rhin, sous Villars. Blessé le 14 octobre 1702 à la bataille de Friedlingen, blessé une seconde fois à l'assaut du fort de Kehl le 6 mars 1703, il reçut encore une troisième blessure dans la même campagne à la bataille d'Hochstedt. Promu, le 11 janvier 1705, mestre de camp d'un régiment de dragons, il passa à l'armée d'Italie, où il se fit blesser une quatrième fois, le 19 avril 1706, à la bataille de Ca1cinato. Il était, en effet, de ceux qui ne se ménagent pas, et il oubliait souvent son rôle d'officier pour se battre au premier rang en simple cavalier. Envoyé en 1708 à l'armée de Flandre, sous le duc de Bourgogne, il fut enfermé dans Lille et blessé une cinquième fois pendant le siège. Le 12 novembre, il fut nommé brigadier de dragons et, le 5 juillet 1709, mestre de camp général des dragons en remplacement du marquis de Hautefeuille. Maréchal de camp en 1718, il suivit le maréchal de Berwick en Espagne et prit part aux sièges de Fontarabie, Castel-Léon, Saint-Sébastien et Urgel.
Au retour, il se trouva compromis dans une affaire d'échange de terres, restée obscure, mais assez grave, paraît-il, pour lui faire perdre quelque temps la faveur du roi. Le 1er mars 1724 il fut même enfermé à la Bastille pour deux mois, puis exilé à Carcassonne. Mais cette éclipse ne dura guère et, en 1730, on le retrouve commandant les camps de la Moselle et de la Haute-Meuse, et dirigeant les travaux des fortifications de Metz. Promu lieutenant général le 22 décembre 1731, il repartit pour l'Allemagne où l'attendaient des années de guerre et les plus bruyants revers mêlés aux plus brillantes victoires. Le 18 juillet 1734 il s'emparait de Philipsbourg après soixante trois jours de siège; le 27 septembre 1735 il remportait la victoire de Bingen, et le 25 janvier 1741 il était nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Allemagne pour y négocier en secret la nomination de l'Électeur de Bavière au trône impérial. Maréchal de France le 11 février, il fut chargé du commandement de l'armée de Bohême et commença, le 1er novembre, la fameuse campagne qui l'a rendu illustre. Le 26, il s'emparait de Prague par une surprise de nuit qui est restée classique dans l'histoire sous le nom de " l'Escalade de Prague ". La Bohême conquise, Belle-Isle revint à Francfort pour y assister, avec une magnificence digne de son grand-père Fouquet, au couronnement de l'Électeur de Bavière comme empereur d'Allemagne, sous le nom de Charles VII. A la suite de ces événements, le roi le fit duc de Gisors, et l'empereur chevalier de la Toison d'or et prince du Saint-Empire.
Mais la série des revers allait succéder à celle des triomphes. Ayant rejoint son armée et s'étant enfermé avec elle dans Prague investie, Belle-Isle y fit une belle et longue résistance, de juillet à décembre 1742. Dans la nuit du 16 au 17 décembre, jugeant la partie perdue, il sortit de la ville avec ses troupes, laissant dans la place Chevert avec quelques centaines de grenadiers. Avec une habileté extraordinaire, il réussit à dérober son départ à l'armée assiégeante, et en sept journées de marche, par l'hiver le plus rigoureux, au milieu des plus incroyables souffrances, il conduisit à Egra ses régiments abîmés, s'y reposa quelque peu et continua à battre en retraite sur le Rhin où il ne ramena que 7,000 hommes. La Retraite de Prague est restée aussi célèbre que son Escalade. Quelque temps après, le maréchal se tint en défensive sur la ligne du Rhin, et il avait même dessiné un retour offensif et repris Fribourg lorsque, le 20 décembre 1744, il tomba dans une embuscade, fut fait prisonnier et amené en captivité en Angleterre, où il resta jusqu'au 13 août 1745.
Le 10 novembre 1746, Belle-Isle fut appelé au commandement de l'armée du Piémont. Ce fut sa dernière campagne de guerre, marquée par les prises de Castellane (20 janvier 1747), de Villefranche (11 juin) et de Vintimille (20 octobre). Nommé pair de France le 24 avril 1749, membre de l'Académie française le 20 juin, il devint ministre d'État le 16 mai 1756 et ministre de la guerre le 3 mars 1758. Il s'y montra aussi bon administrateur qu'il avait été grand homme de guerre; on lui doit la réorganisation de l'École militaire et la création de l'ordre du Mérite militaire.
De sa deuxième femme, Marie-Casimire de Béthune, le maréchal de Belle-Isle avait eu un fils unique en 1732, le comte de Gisors. Colonel du régiment de Champagne à vingt et un ans, ardent et brave, Gisors semblait appelé à une vie aussi illustre que celle de son père, lorsqu'il fut tué par un boulet, à l'armée du Rhin, en 1756. N'ayant pas eu d'enfant de son mariage avec Diane de Mancini, et le lieutenant général de Belle-Isle, frère cadet du maréchal, étant mort aussi sans enfants, la postérité du surintendant Fouquet. se trouva éteinte à la mort du maréchal de Belle-Isle qui eut lieu à Versailles le 26 janvier 1761.
Il est probable que le prestige de ce Maréchal issu de cette Ecole contribua, quelques années après, à avancer la candidature de Sorèze comme Ecole Militaire.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 27 mai 1901.

Le Chevalier Louis-Charles-Armand De FOUQUET de BELLE-ISLE, son frère; lieutenant général. Militaire ardent et de grande ambition, mais plein de sagesse et de raison dans sa vie privée, le chevalier de Belle-Isle, qui naquit en 1693, était à ce point de vue l'opposé de son frère le maréchal. Aussi leurs amis les avaient-ils surnommés celui-ci Imagination et celui-là Bon-Sens. Mêlé à toutes les guerres de l'époque, déjà célèbre par de nombreux faits d'armes, le chevalier s'était notamment distingué en 1741, sous les ordres de son frère, pendant le siège de Prague. Mais il désirait ardemment obtenir comme lui le bâton de maréchal, et il exposait hardiment sa personne, cherchant dans chaque combat une illustration nouvelle. C'est ainsi qu'il trouva la mort le 19 juillet 1747 au col de l'Assiette, dans un des plus brillants et des plus enragés combats d'infanterie que mentionnent nos annales. Vingt et un bataillons piémontais, munis d'une nombreuse artillerie, s'étaient retranchés au col de l'Assiette dans une enceinte de rochers et de fortes palissades. Le lieutenant général de Belle-Isle reçut l'ordre de forcer le passage. Il attaqua le col avec son infanterie et livra un premier combat de quatre heures de durée au pied des retranchements sans pouvoir y pénétrer. Six mille Français furent tués sur place. Alors BeIle-Isle, formant une colonne d'officiers et la mettant en tête des régiments Bourbonnais et Artois, tenta une seconde attaque désespérée. Saisissant le drapeau de Bourbonnais, aux quartiers bleu d'azur et violets, et le brandissant au-dessus de sa tête, il marcha au premier rang et courut planter le drapeau sur les retranchements piémontais. Puis, pour ne pas l'abandonner, il saisit des deux mains les palissades. Les deux mains coupées, il s'accrocha aux palissades avec les dents et se fit tuer sur place avec les colonels de Gohas et de Brienne et presque tous les officiers. Les deux régiments se firent hacher sur le corps de leur général. Le soir, Bourbonnais, le plus éprouvé, n'avait plus que 2 officiers et 140 hommes présents. Sans compter les blessés, il avait eu 60 officiers et 830 hommes tués. Quel magnifique exemple de ténacité et d'honneur militaire! Et quel général que celui qui sait inspirer à ses troupes d'aussi admirables élans !
* Dom Victor FOUGERAS
(1757-1760) + 1778
Dom Victor Chavaille de Fougeras. Né en 1713 à Bordeaux. Fait profession à l'Abbaye de Vendôme le 6 janvier 1732. Envoyé comme Prieur à l'abbaye en 1757, il reprend les constructions réamorcées vers 1720 et depuis abandonnées. Inaugure le 15 janvier 1759, sous la présidence de l'évêque de Lavaur, le bâtiment des Rouges. Créateur du fameux "Plan d'études" qui fit la renommée de l'Ecole à la fin du XVIIIème siècle. Dirige aussi l'Ecole de Pontlevoy en 1772. Meurt à l'Abbaye de Saint Germain des Près le 2 juin 1778, lors d'un Chapître auquel il assistait en tant que Prieur de l'abbaye d'Ambronay (Ain).
* Dom Raymond DESPAULX
(1766-1791) + 1818

Né le 14 septembre 1726 à Miélan en Gascogne. Second successeur de Dom Fougeras. Son père, Jean Despaulx, avocat, était un jurisconsulte réputé. Après ses études à Auch chez les jésuites, Raymond entre très jeune dans la Congrégation de Saint Maur au noviciat de La Daurade à Toulouse où il fait profession le 11 novembre 1751. Il est ordonné prêtre par l'évêque d'Auch. Six ans plus tard, il prend le chemin de Sorèze. Professeur de mathématiques et féru d'astronomie, il crée le Cabinet d'Histoire Naturelle. Il devient Prieur et directeur de Sorèze en 1766. Il donne à l'Ecole son grand essor et s'engage résolument dans la voie tracée par Dom Fougeras. C'est sous son magistère que l'Ecole fut élevée en 1776 au rang d'Ecole Militaire. Quitte Sorèze en juillet 1791 pour rester fidèle à ses voeux de religion. Il passe le temps de la Révolution dans une obscurité besogneuse, à Paris, où il donne des leçons de mathématiques. Bonaparte, qui le prisait fort, le nomma en l'an X Inspecteur Général de l'Université. Par la suite il est fait chevalier de la Légion d'honneur. Au retour des Bourbons, il est confirmé dans ses fonctions. En 1816, sur sa demande, il est admis à la retraite, il avait 90 ans. Deux ans après, il mourrait à Paris le 13 octobre 1818 et était enterré au Père Lachaise.
Monseigneur Jean-Antoine-Auguste
De CHASTENET DE PUYSEGUR

(1755-1757) + 1815
Né le 11 novembre 1740 à Albi. Quatrième fils de Jean-Hercule de Chastenet, seigneur de BARRAST, dit "Comte de Puysegur", "mestre de camp général de dragons", et de Jacquette De Pagès. Evêque de Saint Omer (29 juin 1775), de Carcassonne (1778). Archevêque de Bourges (1788). Député aux Etats Généraux. Emigra. Rentra en France au Concordat, et obéissant à Pie VII, qui lui demandait la résiliation de son siège, se retira à Rabastens, où il mourut le 14 août 1815.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 4 juin 1906.
Joseph-Saturnin
Comte de PEYTES DE MONTCABRIÉ

(1750-1755) + 1819
Né le 9 août 1741 à Toulouse. Garde de la Marine en 1756, enseigne de vaisseau et chevalier de Saint Louis en 1764, lieutenant en 1777, il fit la guerre d'Amérique sous l'amiral De Grasse et y reçut une troisième blessure et le grade de capitaine de vaisseau. De 1786 à 1790 il exerce différents commandements à Terre-Neuve et à Saint Domingue. En 1791, il rentre en France, est destitué et arrêté. Sous l'Empire, il se tient à l'écart et ne réapparaît qu'à la Restauration où Louis XVIII lui accorde le grade et la retraite de contre-amiral, la grand-croix de l'ordre royal de Saint Louis, et le titre de comte. Il inventa avec Laval le vigigraphe en 1798.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Il mourut le 20 septembre 1819 au château de Beaucru, appartenant à son gendre, le comte de Lacary, et est inhumé à Roquettes (Haute-Garonne). Sur la pierre tombale, il est écrit :
Ci git
Messire Saturnin Joseph
Comte de PEYTES MONCABRIER
Contre amiral Commandeur
de l'ordre royal et militaire
de St Louis
chevalier de Cincinatus
né le 9 août 1741
Il consacre cinquante années
de sa noble carrière au service
du roi et de la patrie
Il la termina chrétiennement
le 20 septembre 1819
emportant dans son tombeau
les regrets de son roi de son
auguste famille
et ceux de ses nombreux enfants
petits enfants et amis
coeurs inconsolables de sa perte
RIP
Philippe Thérèse PICOT,
Baron de LAPEYROUSE

(1755-1765) + 1818
Né le 20 octobre 1744 à Toulouse. Eut une carrière assez complexe et hésita longtemps entre la magistrature et les sciences. En 1768, il est avocat général au Parlement de Toulouse, mais pour peu de temps, puisqu'en 1771 il démissionne pour étudier l'histoire naturelle. En 1774, il reprend ses fonctions parlementaires et au moment de la convocation des Etats Généraux participe à la rédaction des cahiers de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse. De 1790 à 1792, il est président de l'administration du district de Toulouse. Démissionnaire, il est arrêté, et relâché seulement après Thermidor. Nommé inspecteur des Mines, il préfère la chaire d'histoire naturelle de l'Ecole Centrale de Toulouse. En 1800, il devient maire de Toulouse, puis professeur et doyen à la Faculté des Sciences, ce qui lui vaut d'être membre correspondant de nombreuses académies, notamment de l'Institut. Aux Cent-Jours, il est élu membre du Collège électoral de la Haute-Garonne, puis membre de la Chambre des Représentants. Après la seconde Restauration, il retourne à Toulouse et y meurt le 17 octobre 1818, 60 rue de la Pomme.
Auteur du Traité sur les mines de fer et les forges du comté de Foix (1786), de l'Histoire des plantes des Pyrénées (1791) et de la Flore des Pyrénées (1795). Mainteneur des Jeux Floraux.
Jean-François-Aimé, Comte DEJEAN
(1759-1766) + 1824
Fils de Pierre Dejean, maire perpétuel de Castelnaudary, et de Marie de Fabry, il y est né le 6 octobre 1749. Elève à Sorèze de 1759 à 1766, avec son frère aîné. Entre le 1er janvier 1768 à l'école du génie de Mézières. A sa sortie de Mézières, il passe dans différentes garnisons, gravissant les degrés de la hiérarchie, capitaine en second en 1777 et ingénieur en chef en Picardie de 1781 à 1791. En 1792, il sert à l'armée du Nord, où il dirige les sièges de nombreuses places fortes. Général de brigade en 1794, il est l'année suivante général de division et commande par interim les troupes franco-bataves. Il devient ensuite l'un des inspecteurs généraux du génie (1799), inspecteur général des fortifications, participe à la dernière campagne d'Italie avec Bonaparte, devient conseiller d'Etat, puis pendant huit ans (2 mars 1802-1810) "ministre de l'administration de la guerre". Napoléon ne lui ménage pas ses faveurs, lui conférant le Grand Aigle de la Légion d'Honneur, le titre de comte d'Empire et d'inspecteur général du génie en 1808, et lui octroyant plusieurs dotations. Renvoyé en 1810 pour avoir demandé un budget plus important que celui qui lui était alloué, il exerce plusieurs commandements, préside la commission militaire qui juge le général Malet. Louis XVIII fait de lui un pair de France, et aux Cent-Jours il devient inspecteur général du génie. Exclu de la Chambre des Pairs à la seconde Restauration, il mourra à Paris le 12 mai 1824 d'une crise d'apoplexie. Gouverneur de l'Ecole Polytechnique sous Louis XVIII, puis directeur général des subsistances au Ministère de la Guerre. Son éloge funèbre a été prononcé au cimetière de l'Est par le général baron Haxo.
Son buste fut sculpté en 1859 et son nom figure sur la face nord de l'Arc de Triomphe.
Jean-Baptiste
PREVOST DE SANSAC,
Marquis de TRAVERSAY

(1764-1768) + 1833
Descendant d'une maison fort ancienne, il naît à la Martinique le 23 juillet 1754 d'un père capitaine de vaisseau et de Claire du Quesne de Longbrun. Entre dans la Marine en quittant Sorèze. Il est garde de la Marine en 1768. Il sert aux Antilles et dans la guerre d'indépendance où il se distingue. Capitaine de vaisseau à trente ans, il émigre en Suisse en 1790. Dès 1790, il avait pris part à 17 campagnes.
C'est en Suisse que le Prince de Nassau lui propose au nom de Catherine II une place dans la marine russe. De Traversay accepte, et au 15 mars 1792, il est porté sur les registres comme absent, en Russie pour congé. Entrant dans la marine russe comme contre-amiral, il reçoit bientôt le commandement des forces de terre et de mer de la Crimée et à ce titre aménage le port de Sébastopol. Alexandre Ier fait de lui un ministre de la Marine, et au cours de la guerre de 1812 il use de son influence pour intervenir en faveur des prisonniers. En 1828, il abandonne le ministère. Elevé par Nicolas Ier à la dignité de membre du Conseil de l'Empire, il mourut à Saint Petersbourg en 1833. Avant de fuir pour la Suisse d'où il sera appelé par Catherine II, il était monté dans les carrosses de Louis XVI, lequel l'avait remercié pour ses nombreux services - dont sa participation remarquable lors de la bataille de Chesapeake qui mena à l'indépendance des États-Unis - en l'honorant du titre de Marquis de Traversay.
Vous pourrez en savoir bien plus sur son parcours fabuleux en lisant "Traversay, Un Français, ministre de la Marine des Tsars", écrit par Madeleine du Chatenet, et paru chez Tallandier, collection "Figures de proue".
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 27 mai 1901.
Jean-Joseph-Ange
Comte d'HAUTPOUL-SALETTES

(1764-1771) + 1807
Descendait d'une souche fort ancienne; puisque dès 936 un de ses ancêtres était seigneur d'Hautpoul. Tel autre de ses pères avait participé à la croisade, mourant sous les murs d'Antioche. Né le 13 mai 1754 au château de la Salette, dans le Tarn, il sert à 17 ans comme engagé volontaire dans les dragons de la légion du Dauphiné. Maréchal des logis en 1776, il est sous-lieutenant l'année suivante. En 1792, il brûle les étapes : capitaine en mars, il est lieutenant-colonel au mois d'août. Le 15 octobre 1793, il contribue à la délivrance de Maubeuge. Exclu comme noble en 1794, il est maintenu à la demande formelle de ses hommes, belle récompense s'il en fut pour un officier. Chef de brigade la même année, il se signale le 13 septembre 1795 au combat de Blankenberg, est blessé à l'épaule devant Altenkirchen, et se voit promu divisionnaire en octobre 1796. Il commande différents corps et se bat courageusement à Engen et Biberach (3 et 9 mai 1800). Inspecteur général de la cavalerie l'année suivante, on le retrouve en août 1805 où il commande sous Murat la 2ème division de cuirassés à la réserve de cavalerie de la Grande Armée. Le 2 décembre, il enfonce à Austerlitz le centre russe, chargeant à la tête de ses hommes. Nommé sénateur avec une pension annuelle de vingt mille francs, il est à Iena, à Lübeck, au combat de Hoff. Le 8 février 1807, il charge plusieurs fois à Eylau où un Biscayen lui fracasse la cuisse. Transporté au château de Voren, le général d'Hautpoul, Grand Aigle de la Légion d'Honneur, expira au milieu d'atroces souffrances le 17 février 1807. L'Empereur fit ramener son corps à Paris et ordonna que 24 canons pris sur l'ennemi à la bataille d'Eylau seraient fondus pour faire ériger à Gaillac une statue équestre du général d'Hautpoul dans le costume de général de division de cuirassés.

On croit retrouver le premier membre connu de cette famille en Bernard-Raymond, qui contribua en 936, conjointement avec Pons 1er, comte de Barcelone, et Ermengarde, vicomtesse de Béziers, à la fondation de l'abbaye de Saint Pons de Thomières, et qui négocia et souscrivit en 960 à un traité de paix. On croit qu'il fut le bisaïeul de Pierre-Raymond de Hautpoul, qui suivit le comte de Toulouse, Raymond de Saint Gilles, en Palestine, et de Guillaume Pictavin de Hautpoul. Depuis le 13ème siècle, on voit la famille se diviser en plusieurs branches, telles que celles de Félines, de Cassagnolles, de Ventajou et de Salettes.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 4 juin 1906.

* Nicolas-Antoine,
Comte SANSON DE RIDDAGSHAUSEN

(1780?-1792) + 1824
Né le 5 décembre 1756 à Paris. Professeur de mathématiques, de fortifications, d'architecture civile et de topographie à l'Ecole de 1776 à 1792, il s'engagea à l'âge de 36 ans le 1er mars 1792 aux volontaires du Tarn. Capitaine de bataillon en 1795 et envoyé à l'armée d'Italie, il assista aux sièges de Pavie et de Mantoue, à toutes les batailles de la campagne et en revint avec trois blessures et le grade de colonel. Désigné par le général Caffarelli, il part pour l'Egypte et y reste les quatre années de l'occupation. Après avoir été de toutes les batailles et de toutes les aventures, il revint en France avec de nouvelles blessures et le grade de général de brigade. Après ses campagnes d'Allemagne, de Prusse et de Pologne, devint Général de division le 1er juillet 1807. Employé en Espagne en 1808 et 1809, en Russie en 1812, il est fait prisonnier pendant la retraite et ne rentre qu'en 1814. Mis à la retraite le 18 octobre 1815, il meurt à Paris le 29 octobre 1824.
Commandeur de la Légion d'Honneur. Etait l'oncle de Nicolas-Rémi Paulin, professeur de mathématiques et de fortifications à l'Ecole.
Premier buste de l'Ecole, datant de 1838. Son buste fut inauguré en 1859.
Jean-Baptiste Timothée BAUMES
(1763-176x) + 1828
Né le 20 janvier 1756 à Lunel. Il conquiert ses grades devant l'Université de Montpellier. Reçu docteur, il se voit attribuer en 1790 une chaire de médecine dans cette Faculté. Il s'intéressait surtout aux maladies infantiles. Auteur de nombreux ouvrages. Meurt le 19 juillet 1828 à Montpellier.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Louis-Marie-Joseph-Maximilien
CAFFARELLI DU FALGA

(1767-1774) + 1799
Frère de l'évêque et du général, il était né le 13 février 1756 au château du Falga. Entre à l'école du génie de Mézières. En 1775, est lieutenant en premier à Mézières, capitaine en 1791, mais suspendu l'année suivante pour avoir protesté après le 10 août contre la déchéance de Louis XVI et refusé de prêter serment à l'Assemblée Législative. Rentré au Falga, il est arrêté et emprisonné à Toulouse. Il y restera 14 mois, étudiant l'économie politique et les langues étrangères. Réintégré en 1795 et promu chef de bataillon. Il sert en Allemagne où il se distingue au passage du Rhin. Grièvement blessé, il doit être amputé d'une jambe. Il revient au Falga pour un long repos. Caffarelli n'en renonce pas pour autant au service et avec une jambe de bois il rejoint l'armée de Sambre et Meuse. Général de brigade du Génie en 1797, il participe à la préparation d'une descente en Angleterre, puis passe à l'Armée d'Orient, où il prend le commandement du génie. Il prend part à la prise de Malte le 9 juin 1798, débarque à Alexandrie le 1er juillet, il est au combat de Chobrakhit, à la bataille des Pyramides, au combat de Salheyeh, suit Bonaparte en Syrie en 1799 et c'est là, sous les murs de Saint Jean d'Acre, où il dirigeait les travaux d'investissement, qu'il devait mourir des suites d'une nouvelle blessure au bras droit le 27 avril 1799. Son bras avait été amputé le 9 avril. Membre de l'Institut d'Egypte et de l'Institut de France. Bonaparte, qui l'aimait beaucoup, emporta avec lui à son retour en France son coeur dans un coffret d'argent et son bras qu'il remettra par la suite à son frère cadet Marie-François-Auguste. Plus tard, Napoléon dira à Ste Hélène : "Caffarelli aimait la gloire, mais plus encore les hommes". A l'ordre du jour du 28 adressé par Bonaparte à l'armée d'Orient, on trouve : "l'Armée perd un de ses plus beaux chefs; l'Egypte un de ses législateurs; la France un de ses meilleurs citoyens; les sciences un homme qui remplissait un rôle célèbre".
Au début de la Révolution, une Déclaration des Droits de l'Homme fut rédigée par le futur général Caffarelli. Après la mort de sa mère en 1786, il avait quitté pour un certain temps le service et au Falga, le soir, pour se délasser il donnait aux enfants du village des leçons de lecture, d'écriture et d'arithmétique. Il s'intéressait aussi aux questions économiques et sociales et plus tard il sera nommé membre de l'Institut dans la classe des sciences morales et politiques.
Son buste, l'un des premiers, fut inauguré dès 1859.
Louis-Marie-Joseph CAFFARELLI,
dit de MERVILLE

(1764-1774) + 1845
Né le 21 février 1760 au Falga. Il est le 3ème des 6 frères Caffarelli (sans compter les 4 soeurs) et fils de Marguerite d'Anceau de Lavelanet. S'engage très jeune dans l'infanterie, puis dans la marine à partir de mars 1778. Participe à la guerre d'indépendance américaine. On le voit en Martinique et dans la baie de Chesapeake en 1781, aux batailles de St Christophe et de la Dominique en 1782. La Révolution arrive et il est nommé procureur de sa commune du Falga en 1790, puis maire en 1792. Il reprend du service dès l'année suivante. On le retrouve à l'armée des Pyrénées Orientales en 1793. Nommé en 1800 Préfet maritime à Brest, succédant à Duquesne, D'Estrées, Tourville et Vauban. Il réorganise complètement l'arsenal et met sur pied les écoles navales embarquées, organise la défense des côtes de l'Océan. Conseiller d'Etat. Comte d'empire en 1810, membre du Conseil de la marine. Pair de France pendant les Cent Jours. Il est reçu par son frère Auguste dans l'ordre royal et militaire de Saint Louis. Grand officier de la Légion d'Honneur du 25 prairial de l'an XII.
Buste inauguré en 1899.
François FERLUS
(1796-1797) + 1812

Né le 16 février 1744 à Castelnaudary, dans une famille de marchands.
Il prend le froc le 22 décembre 1764 à vingt ans, et fait profession de foi le 23 décembre de l'année suivante. Enseigne à Sorèze la rhétorique et les sciences naturelles. Prête serment et reste à l'Ecole avec ses frères en religion, Dom Abbal, Dom Reboul, Dom La Chapelle, Dom Amoureux et Dom Donnadieu.
Il rachète aux domaines nationaux le 5 septembre 1796 1es bâtiments, la cordonnerie et le domaine Saint Michel pour 119520 livres-assignats (voir l'acte).
Il cède la propriété à son frère Raymond-Dominique l'année suivante le 21 octobre.
Décède le 12 juin 1812.

* Raymond-Dominique FERLUS
(1797-1824) + 1840
Né le 22 décembre 1756. Frère de François.
Fut d'abord religieux (non prêtre) de la Congrégation des Doctrinaires, et enseigna brillament dans plusieurs grandes villes.
Fut appelé par son frère à prendre en 1797 la direction des études.
Rompant ses liens ecclésiastiques, il épouse à Sorèze Marie-Antoinette Emilie De Bernard le 10 Germinal de l'an VII (30 mars 1799) dont il aura deux filles, Marie-Françoise et Sabine-Hélène.
Cependant, en 1806, les frères Ferlus, pour faire face aux dépenses, vendent une partie du mobilier, les cabinets d'histoire naturelle et celui des sciences et les chevaux pour 19844 francs, baillent une partie des bâtiments et le domaine St Michel. De nouveaux actionnaires entrent dans le capital.
Raymond-Dominique succéda à son frère décédé comme Directeur-propriétaire en 1812, mais il fut surtout propriétaire de 800.000 francs de dettes.
En 1816, il cède pour 10 ans par bail l'ensemble des bâtiments et des dépendances. Il est obligé de donner sa démission en 1824 suite aux problèmes occasionnés par les diverses critiques que l'Ecole eut à subir depuis 1817.
La direction est confiée à son gendre Anselme De Bernard, ancien élève et polytechnicien.
Raymond-Dominique resta toutefois à l'Ecole, où il mourut le 1er mars 1840.

Le buste portant le nom de Raymond-Dominique est en fait celui de son frère François.

Joseph-Marie-François, Baron CACHIN
(1769-1776) + 1825
Né à Castres le 2 octobre 1757, dans la loge du portier de Monseigneur de Barral, il dut à ce puissant protecteur de pouvoir pousser ses études. Il fut placé par lui au collège des frères de Castres, puis à Sorèze; enfin admis en 1776 à l'Ecole des Ponts et Chaussées, il en sortit ingénieur. L'évêque de Castres lui fournit alors les moyens de voyager en Angleterre et en Amérique. A son retour, il est chargé des travaux d'amélioration du port de Honfleur. Il se marie avec une veuve immensément riche, Judith de la Rivière, veuve en troisièmes noces du prince de Montbéliard. Nommé par le Directoire ingénieur en chef du Calvados, on le retrouve en 1805, affecté au département de la Marine, à Cherbourg à la direction des travaux des ports et de la rade, qui lui a été confiée par Napoléon par décret du 15 mars 1805. Il devait y travailler vingt ans, restaurant et améliorant le port de commerce, faisant creuser le port militaire, construisant une digue de 3807 mètres pour fermer la rade. C'est là, le 27 août 1813, jour de l'inauguration, qu'il reçut de Marie-Louise, au nom de l'Empereur, la Légion d'Honneur et le titre de baron. Cachin s'éteignit à Paris le 23 février 1825, inspecteur général des Ponts et Chaussées et directeur général des travaux maritimes. Officier de la Légion d'Honneur.
Buste inauguré en 1859.
Pierre-Jean-Paul, Baron BARRIS
(1768-1778) + 1824
Né le 30 juin 1759 à Montesquiou d'Anglès, dans le diocèse d'Auch. Neveu de Dom Despaulx par sa mère. Son père, avocat au Parlement et juge royal de la ville de Barrau, lui donna au sortir de Sorèze les premières notions de droit. Il continue ses études de juriste à la Faculté de Bordeaux et devient avocat au Parlement. En 1790 il siège comme procureur du roi au tribunal de Mirande, et l'année suivante, est député à la Législative parmi les Feuillants. Menacé d'arrestation, il doit quitter Paris après le 10 août et se réfugie à Montesquiou. Quelques années plus tard, il est élu membre du tribunal de cassation (1796). Il devient ensuite président du tribunal de cassation créé à Trèves, où il est chargé de l'organisation judiciaire des départements de la rive gauche du Rhin. Après le 18 brumaire, il siège à la Cour de Cassation, élu par les sénateurs le 14 germinal an VIII (4 avril 1800). Devient six ans plus tard président de la Chambre criminelle. Napoléon le créa baron en 1810, titre confirmé par Louis XVIII. Il ne s'inféoda jamais à un parti et se vit nommé commandeur de la Légion d'Honneur et confirmé dans ses fonctions par Louis XVIII. Il mourut à Paris le 27 juillet 1824, s'étant toujours attaché, selon un de ses collègues, à exercer "une justice ferme sans être sévère".
Monseigneur Jacques-Louis-David
DE SEGUIN DES HONS

(1770-1778) + 1842
Né le 13 octobre 1760 à Castres. Au sortir de Sorèze, il alla au collège de Sainte Barbe, puis à 22 ans, entra dans les ordres. Quatre ans plus tard, il est licencié en théologie, et on lui confère la prêtrise en 1786. Vicaire général de l'évêque d'Agen en 1789, émigre en Espagne. A son retour, il occupe la petite cure de Cadix, dans le Tarn, puis celle, beaucoup plus importante, de Saint Pons, dans l'Hérault. Il y demeure jusqu'en 1819 et devient vicaire général de Mgr Fournier, évêque de Montpellier. Il passe ensuite à l'archevêché d'Albi, toujours avec le titre de vicaire général, et y demeure jusqu'en 1825. Il devient alors évêque de Troyes, en remplacement de Mgr De Boulogne. Il reçoit la consécration épiscopale l'année suivante des mains de Mgr De Frayssinous, en l'église de la Sorbonne. Six ans plus tard, il est nommé au siège d'Avignon, mais "par modestie", il refusa ce poste d'archevêque, voulant demeurer fidèle à son diocèse. Il y demeura jusqu'à sa mort, survenue le 31 août 1842, qui fut "douce et calme, comme l'avait été sa vie toute entière".
Son buste date de 1899 et est signé A.Metge.
Pierre-Hyacinthe AZAIS
(1772-1782) + 1845
Né à Sorèze le 1er mars 1766, fils d'un des professeurs de musique de l'école. Il fit à Sorèze toutes ses études, puis fut admis dans la Congrégation de la Doctrine chrétienne. Devenu professeur après son noviciat à Tarbes, il s'y ennuie et l'évêque d'Oloron le prend pour secrétaire. Cette dépendance lui pèse bien vite et voilà Azaïs qui s'engage comme organiste à l'abbaye de Villemagne, puis comme précepteur du jeune vicomte de Bosc, dans les Cévennes. Séduit d'abord par les idées généreuses de la Révolution, il en réprouve bientôt les excès, écrivant à ce sujet une brochure qui le fait poursuivre et condamner à la déportation. Il se réfugie dans les Pyrénées, et dans sa retraite étudie la philosophie. En 1806, il part pour Paris, où il lance ses premiers Essais. Remarqué par Napoléon, il est nommé professeur d'histoire et géographie à Saint Cyr. En 1809 il publie son ouvrage capital Le Traité des Compensations dans la vie humaine où il exposait un système philosophique original. Le sort de l'homme, d'après lui, est l'oeuvre de la nature, et tous les hommes sont égaux dans leur sort. En examinant tous les âges, toutes les situations, tous les états, en pesant leurs avantages et leurs inconvénients, on s'aperçoit que tout accident trouve son correctif, sa "compensation", dans son contraire. C'est ce partage des joies et des misères qui constitue la véritable égalité, la seule que puissent établir les hommes, "essence du bien qui nous attache les uns aux autres". Cette oeuvre connut le succès, mais son auteur en tira peu de profit. Sans fortune, il devint en 1811 "inspecteur de la Librairie" à Avignon, puis à Nancy. Resté fidèle à l'Empereur, il perd sa place en 1815, et connaît quelques années de détresse. Le bonheur lui revient par l'intermédiaire de duc Decazes qui lui accorde une pension. Azaïs pourra donc vivre désormais en toute tranquillité, après avoir éprouvé sur lui-même la valeur de son système des Compensations. A Paris, il publie alors plusieurs traités; mais surtout, l'été, à la manière des sages de la Grèce, il donnait dans son jardin des conférences très goûtées. Il mourut le 22 janvier 1845.
Antoine-François, Comte ANDREOSSY
(1765-1775) + 1828
Descendant d'un écuyer originaire du duché de Lucques, qui s'établit au XVIIème siècle sous Louis XIII à Castelnaudary, il y naquit le 6 mars 1761. Son père, Pierre Jérôme est ainsi le petit-fils de François Andréossy, qui a construit le canal du Languedoc. Après Sorèze, il entre à l'école d'artillerie de Metz. Il en sort major de sa promotion, en 1781. A vingt ans, il est aspirant d'artillerie, lieutenant en 1784, capitaine-commandant en 1792. Affecté d'abord à l'armée de la Moselle, il passe en 1794 à celle d'Italie, où il participe au siège de Mantoue et prépare la bataille d'Arcole. Le 16 novembre 1797, Bonaparte le nomme général de brigade à titre provisoire. D'Italie, il est muté à l'armée d'Angleterre et prépare les bateaux destinés au débarquement. En 1798 le Directoire confirme son grade et il passe à l'armée d'Orient où il exerce plusieurs commandements, se signalant à Chebreiss. C'est ensuite le Syrie comme adjoint au chef d'Etat-Major Berthier, puis le retour en France où sert de chef d'Etat-Major à Bonaparte le 18 Brumaire. En 1800, il est général de division, assure différents commandements, se voit confier en 1803 l'ambassade de Londres. Deux ans plus tard, on le retrouve aide-major général de la Grande Armée, puis en 1806 ministre plénipotentiaire à Vienne. En 1809, il est en Allemagne aux côtés de l'Empereur, qui l'accable de titres et de dignités, faisant d'Andréossy un comte d'Empire, un gouverneur de Vienne, un grand aigle de la Légion d'honneur, puis en 1810 un membre du Conseil d'Etat. De 1812 à 1814, il représente la France à Constantinople. Aux Cent-jours, il est pair de France et commande la première division militaire. Nommé en 1821 directeur général des subsistances au ministère de la Guerre, il devait mourir sept ans plus tard le 11 septembre 1828 à Montauban d'une fièvre cérébrale, après avoir été élu l'année précédente député libéral de Castelnaudary. Membre de l'Académie des Sciences.
Son buste a été sculpté en 1858. Son nom figure sur le côté sud de l'Arc de Triomphe de l'Etoile. D'autres biographies
Monseigneur Jean-Baptiste-Marie
CAFFARELLI

(1776-1780) + 1815
Né le 1er avril 1763 au château du Falga. Issu d'une famille noble originaire d'Italie et venue en France sous le règne de Louis XIII à la suite du Nonce Bentivoglio. Un de ses ancêtres avait collaboré sous Riquet à la construction du Canal Royal du Languedoc (Canal du Midi) et acquis la terre du Falga qu'il vint habiter en 1686. Ordonné prêtre à 20 ans. Chanoine de la cathédrale de Montpellier. A la Révolution, il passe en Espagne. Il revient en France en 1798 et va habiter chez son frère Louis-Marie-Joseph, préfet maritime de Brest. Sacré évêque concordataire de Saint Brieuc le 1er mai 1802, jour de la St Brieuc, il exerça treize ans son épiscopat, et sut, en 1811, s'élever contre les prétentions schismatiques de l'Empereur. C'est lui qui ordonna prêtre le comte de Quelen, qui fut plus tard archevêque de Paris, lequel conféra le sacerdoce à Lacordaire. Il meurt le 11 janvier 1815, "vénéré et regretté par tout son diocèse".
Chevalier de la Légion d'Honneur et baron d'empire.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Honoré-Théophile-Maxime,
Comte GAZAN DE LA PEYRIERE

(1775-1781) + 1845
Né le 29 octobre 1765 à Grasse. Général de division. Pair de France. Guerres de la Révolution, Huntzbourg, Iéna, Smolensk, La Moskova, Saragosse.
Le général Gazan (1765-1845) par Natalya Goutyna.
Thèse d'histoire contemporaine
Sous la direction du Professeur Jean Tulard
Ecole Pratique des Hautes Etudes.
Le général Gazan est resté jusqu'à ce jour un des "oubliés de la gloire"; il n'existe aucune étude sérieuse sur sa carrière qui mérite toutefois d'être connue du grand public. Il fut un des grands généraux du Premier Empire, un de ceux qui contribuèrent de façon décisive à faire changer la face de l'Europe. On le voit à l'armée du Rhin combattre "des rois conjurés"; en Vendée pourchassant les hommes de Charrette; à Zurich au siège de Gênes aux côtés de Masséna. Puis on le rencontre en Europe Centrale avec la Grande Armée et en Espagne où il restera jusqu'à la première abdication de l'Empereur. Une carrière brillante, riche en expériences, fabuleuse à raconter, et injustement négligée par les historiens.
Les recherches s'organiseront autour de neuf lignes directrices :
Les origines (1765-1780). Ses études au collège de Sorèze, célèbre à l'époque, pour comprendre les facteurs qui le déterminèrent à préférer la carrière des armes
Sous l'Ancien Régime (1780-1789) Développement des idées politiques de Gazan au début de la Révolution qui le pousseront à s'engager dans l'armée républicaine. L'esprit politique de son régiment (canonniers garde-côtes d'Antibes) est très important pour comprendre son engagement.
Aux armées de la Révolution (1789-1799). Les grades militaires successifs qui le mèneront à celui de général de brigade en avril 1799, à travers les opérations militaires sur le Rhin et dans l'Ouest.
Dans le sillage de Masséna, justement réputé pour être un des meilleurs généraux de son temps. La recherche se concentrera sur les relations entre les deux généraux et l'expérience acquise par Gazan au cours de la campagne en Suisse et du siège de Gênes dans l'ombre de ce grand général.
Séjour en Italie (1800-1805). Du point de vue de sa participation aux tâches liées au service et de son développement personnel.
La Grande Armée (1805-1807). Rôle de la division Gazan pendant les campagnes, notamment aux batailles de Durrenstein, d'Iéna et d'Ostrlenka.
La guerre d'Espagne (1808-1814). Gazan resta pendant six ans en Espagne et finit la guerre sous les murs de Toulouse le 10 avril 1814 en qualité de chef d'état-major de l'armée des Pyrénées. Examen détaillé de ses expériences, de ses opinions, de sa conduite, et des opérations qu'il a menées dans la Péninsule.
Les Cent-jours. Le retour de Napoléon fut une grande épreuve de loyauté pour tous ceux qui avaient servi sous ses drapeaux; il est intéressant d'étudier de ce point de vue la conduite de Gazan.
Sous la Restauration (1815-1845). Ses activités à la Chambre des Pairs, ses relations avec la nouvelle cour, leur influence sur sa carrière, et ses sentiments envers le régime de Louis-Philippe, en comparaison avec ceux d'autres généraux de l'Empire.
Les sources d'informations sur le sujet choisi sont abondantes. Du dossier Gazan aux archives du Service Historique de l'Armée de Terre (Château de Vincennes) aux lettres du général à ses collègues, ses amis et sa famille. Il est nécessaire de consulter également les dossiers de ses camarades et supérieurs comme Masséna, Lannes, Suchet, etcà Les autres sources à explorer sont constituées par les correspondances et mémoires des officiers ayant servi sur le même théâtre des opérations que Gazan, et surtout de ceux qui le connurent en personne.
Enfin l'étude et la traduction des mémoires russes, notamment ceux du général Ermolov, paraissent utiles, d'une part pour comparer les points de vue des côtés adverses, et d'autre part pour révéler au public français des récits d'une grande valeur historique jusque-là inconnus en France.
Gazan est mort à preque 90 ans dans sa propriété de La Peyrière le 9 avril 1845.
Son buste a été inauguré le 4 juin 1906, et son nom figure sur l'Arc de Triomphe de l'Etoile.
Il était décoré de la croix de Grand Officier de la Légion d'Honneur.
* Etienne SERRES
(1797-1840) + 1844
Né en 1766 à Carcassonne. Eminent professeur de Mathématiques Spéciales. A fait toute sa carrière à Sorèze, et a peuplé de ses élèves les Grandes Ecoles du Gouvernement. Il exerçait sur ses disciples une influence qui durait longtemps après leur sortie de l'Ecole.
Son buste fut sculpté en 1858 et rejoignit la Salle des Illustres à la fin du XIXème.
François-Marie-Auguste,
Comte CAFFARELLI

(1776-1783) + 1849
Né le 7 octobre 1766 au château du Falga, comme ses frères. Il était le dernier de dix enfants. Au cours des exercices de 1775, gagna le Prix de fortifications. Après de bonnes études à Sorèze, il est incorporé en 1785 dans les troupes du roi de Sardaigne et y demeure jusqu'au 1er juin 1792. L'année suivante, il s'engage au 15ème Dragons, le ci-devant "Noailles-Dragons", et de 1793 à 1795 sert à l'armée des Pyrénées Orientales. Aide de camp du général de Nucé, puis de Dagobert, il est blessé au combat de Truillas le 22 septembre 1793. En mars 1794, il est nommé provisoirement adjudant-général chef de brigade, et Pérignon le note alors comme "un officier distingué". Confirmé dans son grade par le Comité de Salut Public l'année suivante, il passe à l'armée de Sambre et Meuse. Le 4 juin 1797, il est chef de brigade de la 9ème légère, puis est affecté à l'armée d'Allemagne et à celle du Rhin. En janvier 1800, il est adjudant-général dans la garde consulaire, combat à Marengo, et deux ans plus tard (16 mars 1802) est promu général de brigade. A l'armée des Côtes de 1803 à 1805, il se voit en 1804 chargé d'une importante mission à Rome auprès du pape, pour décider Pie VII à venir sacrer Napoléon. L'année suivante (1805), il est gouverneur des Tuileries et général de division. Au mois d'août, promu aide de camp de l'empereur, il sert en cette qualité à la Grande Armée. Après avoir exercé divers commandements et s'être battu à Austerlitz, il est nommé ministre de la Guerre et de la Marine du Royaume d'Italie, chevalier de la couronne de fer et Grand Aigle de la Légion d'Honneur. En mai 1810, il rentre en France, est nommé comte et envoyé servir en Espagne. De là, il passe à Trieste, retourne en Espagne où on lui confie le commandement des troupes du 4ème gouvernement (provinces de Biscaye et de Santander). Il reste trois ans dans la péninsule ibérique, luttant tantôt contre les anglais, tantôt contre les guerillas, occupe différents postes importants, notamment celui de commandant en chef de l'armée Nord. Rappelé en France en 1813, il reprend ses fonctions d'aide de camp puis en avril est placé à la tête des corps de la Garde Impériale restée à Paris. Il est gouverneur du palais de l'impératrice qu'il reconduira à Vienne avec le roi de Rome en 1814. A son retour, il commande la 1ère subdivision de la 13ème division à Rennes. Pendant les Cent-Jours, de nouveau aide de camp, il commande la 1ère division militaire. Après une mission à Metz il sert à l'armée de la Loire, puis est admis à la retraite à compter à partir du 1er janvier 1816. En 1831, il est nommé Pair de France, et compris dans le cadre de réserve de l'Etat-Major général. L'année suivante, il devient Secrétaire de la Chambre haute, et huit ans plus tard rapporteur de la commission chargée de l'examen du projet de loi relatif au transfert des cendres de l'Empereur. Le général De Caffarelli finit ses jours le 23 janvier 1849 au château de Leschelle (Aisne) "laissant le deuil chez tous ceux qui le connurent".
Il avait épousé Julienne Blanche Louise d'Hervilly, fille du comte d'Hervilly qui fit campagne en Amérique et commanda la Garde Constitutionnelle de Louis XVI avant d'émigrer. Il participa à l'expédition de Quiberon, sera fait prisonnier et fusillé comme Philippe de Caffarelli, frère de son futur gendre.
Il est aussi intéressant de noter que l'épouse du général de Caffarelli sut résister aux avances de l'Empereur, tout en demeurant son amie sincère. Les pistolets du général.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899 et son nom figure au sud de l'Arc de Triomphe de l'Etoile.
Henri Du VERGIER,
Comte de La ROCHEJAQUELEIN

(1782-1785) + 1794
Né le 30 août 1772 au château de la Durbelière, dans la commune de Saint Aubin de Baubigné (Deux-Sèvres), d'un officier de cavalerie et de Constance de Caumont d'Ade. Au sortir de Sorèze, à treize ans, il sert à Royal-Pologne-Cavalerie "acheté par son père l'année précédente". En 1791 il refuse à prêter le serment prescrit aux officiers par l'Assemblée Constituante et démissionne. Peu après, le jeune Henri entre dans la garde Constitutionnelle du Roi. Au Dix Août, il fait le coup de feu contre les émeutiers, échappe au massacre, se cache à Paris, puis prend la route du logis paternel. Après le Dix Août, il alla rejoindre au château de Clisson, près de Bressuire, son cousin le marquis de Lescure. Les paysans le supplient de se mettre à leur tête et d'organiser le soulèvement qui commence. Après avoir hésité, il répond à leur appel en leur disant : "Si j'avance, suivez-moi; si je recule, tuez-moi; si je meurs, vengez-moi".
En avril 1793, il rejoint l'insurrection vendéenne. D'abord simple "divisionnaire". Il est victorieux des armées républicaines aux Aubiers, à Beaupréau, à Argenton le Château. Il prend Thouars et bat le général Chalbos à Fontenay le Comte. Le 10 juin 1793, il rentre à Saumur. Le 15 juillet, il se porte au secours de Bonchamp à Martigné-Briand et bat le 4 septembre le général Marceau à Chantonnay. Après la défaite de Cholet le 11 octobre, à la mort de Bonchamps, à la demande de D'Elbée et malgré son jeune âge, il est élu, généralissime de l'Armée Catholique et Royale, à l'unanimité, le 19 octobre 1793. C'est un bien lourd fardeau pour ses bien jeunes épaules que cette "succession anarchique ... toute semée ... de complots, dont la trame va se développer aisément" (dixit le comte d'Avrigny). Il se met cependant à la tâche avec fougue, essayant de faire cesser les divisions dans les rangs vendéens et d'imposer un plan de campagne. Vainqueur à Laval et à Château-Gontier, il est battu à Dol et au Mans. Il cherche alors à sauver "ce qui reste de la Vendée errante", en repassant la Loire. Par manque de bateaux, ce passage tourne au désastre (16 décembre 1793). Seuls, Monsieur Henri, Stofflet, La Ville-Baugé peuvent franchir le fleuve avec un petit peloton. Abandonné de ses hommes, le généralissime n'est plus qu' "un proscrit, qu'une fatigue intense saturait dans tout son corps". La Rochejaquelein ne se laisse pas abattre, il veut reprendre le combat et regrouper une nouvelle armée. Au 24 janvier 1794, il a autour de lui un millier d'hommes. Il s'empare de Chenillé, pousse vers Nuaillé. Le 28 janvier, il s'y heurte " à une escouade d'incendiaires " et engage la poursuite avec quelques cavaliers. Un Bleu est rejoint. Monsieur Henri le somme de se rendre : l'homme répond en tirant. Le "jeune héros" est tué sur le coup, fauché en pleine jeunesse, il n'avait pas vingt-deux ans... Qui sait ce qu'il fut devenu ! ... (Parole de Napoléon à Sainte Hélène).
Il est intéressant de noter que parmi les morts du combat de Laval (22 octobre 1793) où La Rochejaquelein fut vainqueur, figurait un de ses anciens camarades de Sorèze, d'un an son cadet, le capitaine d'artillerie légère Joseph Marie de Barris du Boirat, âgé de 20 ans, neveu de l'ancien prieur de l'Ecole Dom Despaulx.
Son buste date de 1858.
Louis-François-Richard-Barthélémy
baron de SAIZIEU de COURBOULES

(1783-1790) + 1842
Né à Tunis le 31 janvier 1773, où son père était consul de France. Embarqué le 1er mars 1792 comme élève de marine, il navigue sur plusieurs bâtiments pendant la Révolution. En 1799, il combat en Egypte. Lieutenant de vaisseau quelques années plus tard, il passe aux marins de la garde. Capitaine de frégate au 21 septembre 1805, il commande plusieurs navires et se bat sur l'Atlantique. En 1809 il est capitaine de vaisseau, va en Espagne l'année suivante, où il se distingue devant Cadix. Baron d'Empire et colonel des marins de la Garde, il participe à la Campagne de France. Sous Louis XVIII, il commandera la division du Levant, mais sera mis à la retraite pour avoir arboré le drapeau tricolore aux Cent-Jours. Il vécut à l'écart jusqu'en 1830 où il fut promu contre-Amiral et commandeur de la Légion d'Honneur et chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis. Il meurt à Paris le 27 mars 1842.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Jules-Antoine, Baron PAULIN
(1792-1795) + 1876
Né à Sorèze le 12 mars 1782, fils d'un professeur de mathématiques et de fortifications à l'Ecole, Nicolas Rémi, beau-frère de Nicolas-Antoine Sanson. Frère de Soréziens devenus colonels, premier de sa promotion à Polytechnique. Colonel en 1814, mis en demi-solde sous Louis XVIII, il fut réintégré en 1816, créé baron par Charles X, commandeur de la Légion d'Honneur et Maréchal de camp de Louis-Philippe. On le mit à la retraite en 1844 et il mourut au château de Saint Léger (Côte d'Or) le 19 mars 1876, âgé de 94 ans.
Naples, Prusse, Eylau, Golymin, Friedland, Bautzen, Burgos, Eckmühl, Essling, Wagram.
Directeur des fortifications de Paris.
48 ans de service, 12 campagnes, c'est lui qui à Friedland disait à Napoléon : "Sire, la journée est trop belle pour ne pas la voir finir !".
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Antoine-Adolphe de MARBOT
(1793-1799) + 1844
Fils d'un futur général de la Révolution, et frère aîné de l'Auteur des Mémoires, il était né le 22 mars 1781 au château de Larivière, à Beaulieu sur Dordogne. D'abord élève à Effiat, il arrive à Sorèze le 19 décembre 1793 et en sort en 1799, passe peu de temps à Sainte Barbe et s'engage sous le général Lefebvre. Aide de camp de Bernadotte au moment où celui-ci conspirait contre Bonaparte, il est incarcéré, libéré et envoyé à Pondichéry. Dès lors commence pour le jeune Adolphe une invraisemblable série d'aventures dans les mers lointaines. Captif plusieurs fois, évadé, naufragé, il retourne en France par Rio de Janeiro et les Etats-Unis (septembre 1806). Aide de camp d'Augereau, il combat à Iéna, Eylau. Passe en Espagne, combat à Tudela, en Navarre, est blessé et fait prisonnier. Il s'évade par le Maroc, rejoint l'armée du Portugal, participe à la campagne de Russie où il reçoit une nouvelle blessure, est à nouveau fait prisonnier. Mis en demi-solde à la Restauration, il reprend du service en 1830 comme colonel, est promu maréchal de camp. Il meurt à Bra, près de Tulle, le 2 juin 1844.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
** Jean-Baptiste-Antoine-Marcellin,
Baron de MARBOT

(1793-1798) + 1854
En colonel des 23èmes Chasseurs en 1812

Né le 18 août 1782 au château de Larivière (Corrèze), comme son frère Adolphe, dans la belle et riante vallée de Beaulieu. A 8 ans, il est mis en pension à Turenne dans un collège de filles. Trois ans après, il arrive à Sorèze le 19 décembre 1793, il y restera jusqu'à l'âge de 16 ans, en 1798. Engagé volontaire au 1er hussards, il suit en Italie son père, le général Marbot, se bat à Marengo et gagne en 1803 ses épaulettes de lieutenant. Il participe à toutes les campagnes de 1805 à 1807, est blessé à Eylau, se bat ensuite en Espagne, où il reçoit deux nouvelles blessures. En 1809, l'Allemagne, Essling et sa cinquième blessure. Il retourne en Espagne (1810), prend part comme colonel à la campagne de Russie, commande à Waterloo le 7ème hussards et y est blessé pour la douzième fois. Remis en activité en 1829, il sert l'année suivante comme général et aide de camp du duc d'Orléans. Il se bat en Afrique, est mis d'office à la retraite en 1848 et meurt à Paris en 1854. Pair de France. Grand Officier de la Légion d'Honneur, après vingt deux campagnes et treize blessures, quatre grands sièges, soixante et un combats, quatre-vingt quatre batailles.
Auteur des Mémoires.
http://www.histoiredumonde.net/Jean-Baptiste-Antoine-Marcelin-de.html + www.1789-1815.com/marbot1.htm + notre galerie.
Buste inauguré le mardi 22 février 1898. Et son nom figure sur le mur sud de l'Arc de Triomphe de Paris.

* Simon BOLIVAR
(1795-1798) + 1830
Né le 24 juillet 1783 à Caracas. Général à 30 ans. Généralissime et dictateur du Venezuela, de la Nouvelle-Grenade, de la Colombie et du Pérou. Fondateur de la république de Bolivie.
C'est par erreur que fut érigé en 1906 un buste au "Libertador", qui n'a jamais été élève à Sorèze, et qui n'a pu, tout au plus, qu'y venir en visiteur plusieurs fois de 1802 à 1806 pour voir ses neveux Anacleto Clemente et Pablo Secundino Clemente. C'est tout de même un honneur pour notre Ecole que de jouir d'une telle réputation qu'on n'ait pu supposer pour ce grand homme une autre formation que celle qu'il y aurait reçue ! Cependant, si Bolivar figure sur les palmarès de l'Ecole de 1795 à 1798, on peut raisonnablement penser qu'il fut sorézien ! Décédé le 17 décembre 1830 dans l'abandon, à Popayan, en Colombie. Sa vie n'avait été qu'une ardente chevauchée dans l'Idéal, sa mort fut celle d'un philosophe et d'un saint.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 4 juin 1906.

Une intéressante étude du Père De Metz
L'échange de courrier entre les vénézueliens et le Père De Metz en 1979

Raymond-Jean-François-Marie LACAVE,
Baron de LAPLAGNE-BARRIS

(1797-1805) + 1857
Né le 21 décembre 1786 à Montesquiou (Gers). Homme de loi. Président de la Cour de cassation. Grand Officier de la Légion d'Honneur. Pair de France. Sénateur et Président du Conseil général du Gers. Exécuteur testamentaire de Louis XVIII. Petit neveu de Dom Despaulx par sa grand-mère. Sa grand-mère Thérèse Despaulx, soeur de Dom Despaulx, épousa Jean Barris. Son père, Barthélémy Lacave, seigneur de La Plagne, épousa le 21 février 1786 la Dame Barris, fille de Thérèse Despaulx. Il décède à Montesquiou le 13 octobre 1857.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Maurice-Hugues DESTREM
(1800-1804) + 1855
Né le 31.7.1788 à Fanjeaux. Général en chef du Génie. Envoyé par Napoléon Ier en Russie.
Organisateur des canaux, routes et voies ferrées de l'Empire Russe. Créateur des fortifications de Cronstad. Mort à Saint Pertersbourg le 10 novembre 1855.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
** Frédéric BASTIAT
(1814-1820) + 1850
Né le 19 juin 1801 à Bayonne. Orphelin de bonne heure, il trouva à Sorèze l'amitié qui remplaça la douceur de ses parents. Economiste. Auteur des Harmonies Economiques et des Sophismes économiques (entre autres). Ses articles eurent un succès retentissant. Il siégea également à l'Assemblée Constituante et à la Législative. Il mourut lors d'un voyage à Rome le 24 décembre 1850.
Buste inauguré en février 1987 lors du colloque de Sorèze consacré à sa personnalité et à ses idées. Un article lui est consacré dans notre galerie de portraits.
* Le T.R.P.
Henri-Dominique LACORDAIRE

(1854-1861) + 1861
Né en 1802. On connait la brillante carrière du journaliste, de l'orateur sacré, du restaurateur en France des Dominicains. Désireux de leur confier des tâches d'éducation, il fonde en 1852 le Tiers-Ordre Enseignant. Il reçoit l'Ecole en 1854, la relève et la gouverne jusqu'à sa mort, le 21 novembre 1861.
Pour une biographie de Lacordaire, consulter la page Histoire.
Philippe-Emile BRASSINNE
(1817-1823) + 1885
Né le 1er décembre 1805 à Albi. professeur à l'Ecole d'Artillerie de Toulouse, directeur et inspecteur de l'Ecole des Beaux-Arts. Décédé le 23 avril 1884. Poète à ses heures, il avait traduit des fables de La Fontaine en occitan.
Premier Président de l'Association Sorézienne de 1882 à 1885.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Marie-Auguste-Roland
LEVASSOR-SORVAL

(1816-1826) + 1885
Né le 23 mars 1808 à la Martinique. Général de division. Campagne d'Algérie, Guerre de 1870 : Rezonville, Gravelotte, Saint Privat. Inspecteur général d'Infanterie. Décède à Aix dans son château de la Tourette le 24 novembre 1885. Grand officier de la Légion d'honneur.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 4 juin 1906.
David-Gabriel-Félix BORREL
(1818-1825) + 1857
Né à Sorèze le 9 décembre 1807. Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées (sorti 1er de Polytechnique). Travailla à la construction de nouvelles routes, aux ponts de Toulouse, au dragage de la Garonne. C'est lui qui construisit l'une des premières lignes de chemin de fer en France, reliant Limoges à Chateauroux. Organisa les fontaines publiques de sa ville natale en 1843. Homme de valeur, sérieux et savant (c'est lui qui fera capter à Sorèze les sources de la Mandre et fait distribuer cette eau excellente dans les maisons bourgeoises, à l'Ecole et répartira une vingtaine de fontaines dans la ville à la disposition de tous). Cet enfant de Sorèze, bienfaiteur du pays, permettra, pendant plus de cent ans aux habitants de cette ville, de boire une eau de source. Décède à Chateauroux le 23 mai 1857.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Emile GRAND
(1819-1826) + 1836
Né en 1810 à Montauban. Polytechnicien. Capitaine du Génie. Construisit le camp de Boufarik, aida Bugeaud dans sa lutte contre Abd El Kader. Après avoir décimé les troupes d'Abd El Kader entre Tafna et Tlemcen, il est tué au siège de Constantine le 23 novembre 1836.
Buste sculpté en 1858.
Clément VERNHET DE LAUMIERE
(1821-1826) + 1863
Né le 28 octobre 1812 à Roquefort en Aveyron. Polytechnicien. Général d'Artillerie. Campagne d'Algérie, Crimée, Mexique. Mortellement blessé à la tête au siège de Puebla, il meurt le 6 avril 1863.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 27 mai 1901.

"(...) Le colonel de Laumière prit part à la guerre d'Italie en qualité de commandant de la réserve générale de l'artillerie, et fut fait officier de la Légion d'honneur, à Milan, le 15 juillet 1859. Nommé colonel du régiment d'artillerie à cheval de la garde impériale, il occupait cette position depuis trois ans lorsqu'il fut appelé à prendre le commandement de l'artillerie du corps expéditionnaire du Mexique, commandement dans lequel il fut maintenu malgré sa promotion au grade de général de brigade, qui eut lieu le 12 août 1862, quelques jours avant son départ de France. C'est à l'assaut de Puebla, le 29 mars 1863, au moment où, placé dans la quatrième parallèle, à soixante mètres de la brèche, il observait les progrès de nos soldats, que le général de Laumière a été frappé d'une balle à la tête. Sa première parole, en revenant à lui, fut pour ordonner d'approvisionner l'infanterie de nouvelles cartouches. Explorée par les hommes de l'art, sa blessure ne fut pas d'abord considérée comme mortelle, et les premières dépêches reçues à Paris exprimaient des espérances de guérison qui ne se sont malheureusement pas réalisées. Le délire s'empara de lui dans la journée du 5 avril,et il succomba la nuit suivante. (...)" (in "Histoire de la guerre du Mexique", de Félix Ribeyre, Eugène Pick de l'Isère Editeur, Paris, 1863).

Jean-Marie-Raymond-Théobald
De BENTZMANN

(1823-1830) + 1870
Né le 8 mai 1812 à Malines - Belgique. Polytechnicien. Général de division. Expédition de Chine. Combat de Pa-Li-Kao. Blessé au siège de Paris le 26 août 1870, il est mort dans la nuit du 25 au 26 décembre 1870.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 27 mai 1901.
Etienne-Gabriel-Edmond
NAYRAL DE BOURGON

(1826-1832) + 1893
Né le 10 novembre 1813 à Montpellier. Saint Cyrien. Général. 14 campagnes (Algérie plusieurs fois, Crimée, Malakoff, Alma, Sabastopol, guerre de 1870 : Rezonville, Saint Privat). Commandeur de la Légion d'Honneur. Décédé le 17 mars 1893 à Paris.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 4 juin 1906.
* Charles-Marie-Esprit ESPINASSE
+ 1859
Né le 2 avril 1815 à Castelnaudary. Entre à Saint Cyr en 1833. Campagnes d'Algérie et d'Italie. Commandeur de la Légion d'Honneur. Général de division. Campagne de Crimée. Ministre de l'Intérieur puis sénateur. Tué à la bataille de Magenta à la tête de sa division le 4 juin 1859.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 27 mai 1901.
Jean-Pierre-Hippolyte-Aristide LIEUSSOU
(1830-1833) + 1858
Né le 19 juin 1815 à Fanjeaux (Aude). Ingénieur hydrographe de la Marine.
Créateur avec De Lesseps du Canal de Suez.

Les Soréziens du siècle dit à propos de Lieussou :

LIEUSSOU JEAN-PIERRE-HIPPOLYTE-ARISTIDE

Ingénieur hydrographe de la marine.

Que quelqu'un vienne à citer l'isthme de Suez, et chacun de vous répondra en écho : De Lesseps. Avec plus de justice, nous ajouterons : Lieussou. Si de Lesseps fut le geste qui indique le problème à résoudre, notre camarade eut l'esprit qui cherche, pèse, discute, combine, établit les équations et trouve l'X. de la solution définitive. Nous allons en faire la preuve.
Né en 1815 à Fanjeaux, petite ville du département de l'Aude, de Jean Lieussou, notaire, et de Jeanne Paule Etienne de Capella, Jean Lieussou combina dans sa vie et sut emmener à leur plein épanouissement les qualités qu'il devait à sa double origine. Il fut poussé vers les idées populaires et de liberté comme son père, mais par sa mère il tempéra cette tendance démocratique en y mettant le frein d'une foi vive et d'un respect profond de l'autorité et de la tradition.
Il fut un des élèves les plus distingués de l'École. En 1834, il entre à Polytechnique. En 1836, il en sortait dans un assez bon rang pour pouvoir prendre place dans le corps des ingénieurs hydrographes de la marine.
II travaille d'abord, sous la direction de M. Beautemps-Beaupré, à la reconnaissance des côtes de Bretagne. De 1839 à 1842, il fait le levé de dix-sept ports secondaires de l'Algérie et s'occupe de dresser des devis de leur établissement immédiat ou définitif. Le mémoire qui contient ces recherches est remis au ministre de la marine en 1847, la Direction générale de l'Algérie le fait imprimer à ses frais en 1850. Toute la côte de notre colonie y est étudiée dans ses propriétés nautiques, commerciales et militaires. Cet important ouvrage ne laisse pas les ministres spéciaux indifférents ; la presse s'y intéresse ; le nom de Lieussou sort de l'ombre et la croix de la Légion d'honneur récompense le brillant ingénieur. Lieussou avait alors trente et un ans.
Tout en s'occupant des établissements de l'Algérie, Lieussou ne négligeait pas le littoral de la Métropole. En 1843, il étudiait les améliorations du port de la Nouvelle. De 1843 à 1853, il dressait la carte des mers d'Irlande et présidait, avec M. Chazabon, à la rédaction de l'Annuaire des marées. En 1854, il allait compléter à la Hougue des études déjà faites par Vauban et de la Bretannière, et ses conclusions rajeunissaient l'idée d'un port de refuge en ce coin de la côte normande. En 1856, il était appelé par l'empereur à Bayonne. Il s'agissait de rechercher le meilleur moyen de combattre la barre de l'Adour. Lieussou réfute les idées de l'empereur qui lève l'audience en disant d'un ton de bonne humeur : "Je consens à admettre vos raisons et à trouver mon projet mauvais ; mais je compte sur vous pour en trouver un bon.". De retour à Paris en 1857, Lieussou se mettait à l'oeuvre, mais la mort l'empêchait de porter sa réponse a Napoléon.
Les travaux hydrographiques que nous n'avons fait qu'énumérer n'épuisaient pas toute l'activité du jeune ingénieur. Comme tout bon polytechnicien, il avait sa découverte à faire et il y réussit. Chargé en 1850 du service des chronomètres au dépôt de la marine, Lieussou s'inquiéta des variations que l'état atmosphérique faisait subir à ces délicats instruments. Le problème intéressait au plus haut point les navigateurs. Après de patientes et longues recherches, il établit la loi des influences atmosphériques sur les montres marines. Cette invention lui valut la croix d'officier de la Légion d'honneur le 25 mai 1853.
Mais arrivons à son oeuvre capitale : le canal de Suez. En octobre 1854, de Lesseps, parcourant l'Égypte d'Alexandrie au Caire, avait su enflammer l'esprit du vice-roi et l'intéresser à une conception qui devait régénérer son pays. Pourquoi ne pas refaire le canal des Deux mers qui avait fonctionné sous les Pharaons, sous les Ptolémées, que Strabon et Hérodote ont cité, auquel avait un instant songé Bonaparte, qui passionnait encore en 1846 Prosper Enfantin ? Une objection se présentait : la dénivellation des deux mers. Cette difficulté constatée par les ingénieurs que Bonaparte traînait à sa suite lors de l'expédition d'Égypte existait-elle ? Laplace, Volney, Fourrier avaient des instruments grossiers qui avaient pu les tromper.
Rendu concessionnaire du canal par un firman du vice-roi en date de 1854, de Lesseps réunit une sorte de Congrès des ingénieurs de l'Europe. L'Angleterre, l'Autriche, l'Espagne, la Hollande, les États Sardes, la Prusse, la France envoient leurs savants. La commission se donne pour président un ingénieur hollandais, M. Conrad, et nomme Lieussou son secrétaire. Les délégués partent le 18 novembre 1855 pour étudier sur place toutes Ies questions qui se rattachent au projet. Ils visitent Alexandrie, remontent le Nil jusqu'au Caire, voient les Pyramides, les ruines de Memphis, Louqsor, l'île d'Éléphantis et remontent le fleuve jusqu'à la première cataracte. Chemin faisant, ils portent leur attention sur les irrigations existantes et leurs causes d'insuffisances. Ils arrivent à Suez visitent le golfe, consultent les pilotes et les marins, recherchent dans les carrières de l'Attaka les matériaux de construction et fixent le port à la tête du canal, à l'Est de la ville de Suez, après avoir déterminé par des sondages la place et la longueur des jetées. Ils retrouvent les vestiges de l'ancien canal des Rois, arrivent aux lacs Amèrs au lac Timsah, apprécient l'utilité de ces deux cuvettes pour rompre les courants qui pouvaient se former dans le canal ; ils vérifient les forages des ingénieurs égyptiens, étudient le sous-sol, constatent le peu de déclivité du profil et résolvent la question si inquiétante de la dénivellation des deux mers. Les deux mers sont presque à niveau ; il n'y a nulle difficulté à craindre de ce côté.
Avant de quitter l'Égypte, la commission, écartant l'idée de l'ancien tracé indirect de Suez à Alexandrie, s'arrêtait au projet d'un tracé direct, sans écluses, de Port-Saïd à Suez, et le vice-roi lui donnait son approbation.
Rentré en France, Lieussou rédige un rapport général qui sera soumis au Congrès des ingénieurs. Dans un long exposé qui ne comprend pas moins de vingt-deux chapitres, le jeune savant expose les côtés historiques, économiques et agricoles de la question ; il fait la critique technique des divers projets qui ont précédé et justifie si brillamment le projet de la commission que le Congrès est unanime à approuver les conclusions du rapport. Le principe de l'oeuvre est acclamé ; le canal de Suez était fait ; les ingénieurs n'avaient plus qu'à céder la place aux terrassiers. Quelques années après, le premier vaisseau portant à son bord Napoléon III et de Lesseps traversait le canal.
Lieussou ne fut pas là pour admirer l'oeuvre gigantesque à laquelle il avait si bien collaboré ; il était mort en pleine activité, en pleine vigueur, le 6 janvier 1858 à son domicile du 23 rue Saint Georges à Paris. Le monde savant put ce jour-là prendre le deuil. Qui sait les inventions que nous réservait encore celui qui s'éteignait à quarante-trois ans ! Dans la revue l'Isthme de Suez, Barthélemy Saint-Hilaire lui rendait justice en ces termes :
" Le nom de M. Lieussou restera toujours attaché à la grande entreprise du canal de Suez, comme il le sera également à l'étude des montres marines et à la création des ports de l'Algérie... M. Lieussou pouvait être, de bien longues années encore, utile à la science et à son pays... "
Que pouvons-nous ajouter à cet éloge ?
(LES SORÉZIENS DU SIÈCLE).
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 27 mai 1901.

Jules-François-Hilaire CHAMBRELENT
(1828-1834) + 1893
Né en Martinique le 17 février 1817. Son père, Louis-Théodore, négociant de la région de Senlis, s'était expatrié et avait épousé, en arrivant à la Martinique, une créole, Anne Pauline Aimée Lechevalier, dont le père était également négocient venu de France. Son grand père était homme de loi à Senlis, et son arrière grand père était de Bordeaux. A l'instar des autres parents venus deFrance, ils désirent pour leurs enfants une instruction et une éducation de qualité, aussi les enfants sont-ils confiés à un armateur qui les amène en France. Jules et son frère André sont inscrits, dès leur arrivée en France en 1827, au collège de Sorèze, dirigé à l'époque par Raymond-Dominique Ferlus. Polytechnicien à 17 ans, il opta pour les Ponts et Chaussées. Nommé Inspecteur général des Ponts et Chaussées, il est le digne successeur de Nicolas Brémontier, lui aussi inspecteur général des Ponts et Chaussées. Il est surnommé "Le Rédempteur des Landes", dont il assura la prospérité par l'assainissement et la plantation de huit cent mille hectares. Dirigea les études de la dérivation des eaux du Rhône pour l'irrigation du Languedoc, précurseur de la Compagnie du Bas-Rhône-Languedoc. Il prend sa retraite en 1882. Officier de la Légion d'Honneur, membre de l'Académie des sciences le 19 janvier 1891 et de l'Institut. Décédé le 27 octobre 1893.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 18 juin 1959 en présence de Georges Bidault le même jour que le préfet du Tarn, Monsieur Doublet, décernait au père Lamolle, les insignes d'officier des Palmes Académiques.
NUBAR PACHA
(1836-1840) + 1899
Arménien de religion Grecque Orthodoxe, Nubar Nubarian est né à Smyrne le 4 janvier 1825. Pensionnaire sans problème de l'Ecole des FERLUS-BERNARD depuis 1836, c'est à dire 4 ans. Mais l'Abbé GRATACAP veut forcer le jeune NUBAR à suivre les exercices religieux catholiques. NUBAR refuse carrément et doit quitter l'Ecole de Sorèze bien à regret pour aller terminer ses études à Genève. Illustre homme d'état égyptien. Ministre des travaux publics puis des affaires étrangères. Réformateur des finances et de la justice égyptiennes. Constructeur de la ligne de chemin de fer Le Caire-Suez. Plus tard NUBAR devint Khédive d'Egypte puis Pacha, Président du Conseil en 1878. La mainmise des anglais sur l'Egypte fit que Nubar renonça et s'expatria. La France lui fut un exil réchauffé par par de vieilles et toujours chaudes amitiés. Mais là, le "Quai d'Orsay" se mit à se plaindre de ce que NUBAR-PACHA ne soit pas du tout pour les intérêts français. Peut-être que si le jeune NUBAR n'avait pas été chassé de Sorèze et obligé d'aller en Suisse pour terminer ses études, il n'aurait pas eu la même réaction pour le pays qui n'avait pas su le garder quand il y faisait ses humanités. Un moment, en 1878, il fut question à St Petersbourg de Nubar pour le gouvernement de la Bulgarie indépendante. Il aurait plu à l'illustre arménien de s'employer à l'organisation de l'une de ces petites nations s'émancipant du joug ottoman. Il préféra vieillir à Paris où il avait un hôtel et où il faisait auparavant de fréquents séjours. Décédé à Paris le 14 janvier 1899.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 27 mai 1901.

La photo ci-contre est celle de sa statue, à Alexandrie, prise en 1908.

Le Réverend Père
Marie-Pierre-Louis-Alphonse HOULES

(1844-1851) + 1886
Né à Sorèze le 1er septembre 1833. Au cours de ses études médicales, il se dévoua à Revel et Sorèze durant l'épidémie de choléra. Comprenant qu'il est infiniment plus noble de se dévouer au salut des âmes que de guérir les maux du corps, il demande son admission dans la toute jeune congrégation des dominicains enseignants et prend l'habit religieux en 1855. Compagnon du Père Captier à Arcueil.
Participe au siège de Paris 1871. Vicaire général de la Congrégation des Dominicains enseignants en 1883. Il décède subitement à Coublevie le 6 août 1886.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899
Gilbert-Marie-Alexandre de SEVERAC
(1847-1850) + 1897
Né à Saint-Sulpice-sur-Lèze le 18 avril 1834.- Il fut reçu bachelier à Toulouse, après avoir terminé ses études à Sorèze, suivit les cours de droit pendant une année, mais dirigea bientôt vers l'art ses aptitudes natives. Il se rendit à Paris avec sa famille, en 1853, et poursuivit de sérieuses et fortes études dans les ateliers de Robert Fleury et de Léon Coignet. Il ne tarda pas à être entraîné par l'irrésistible prestige qui attire vers l'Ilalie ceux qu'a séduits la magie de l'idéal et de l'art. Cette séduction s'exerçait puissamment aussi sur son frère Henry, à l'imagination plus ardente mais plus mobile, et de même sur l'une de ses soeurs, si bien que les séjours de la famille si exceptionnellement douée se prolongeaient sur la terre enchanteresse et que Mlle de Séverac finit par y fixer sa destinée en épousant à Pérouse le comte Rossi Scotti.
Gilbert de Séverac demeura longtemps ainsi dans la familiarité des maîtres qui imprimèrent à son talent un caractère de sûreté, de tenue et d'élévation. Il garda de leur enseignement la probité d'un dessin irréprochable, le culte de la ligne et du style et en reçut aussi l'inspiration pour de grandes compositions mythologiques, surtout pour d'autres d'un sentiment chrétien très intense. Mais il délaissa bientôt les vastes ordonnances pour s'attacher presque exclusivement au portrait.
Il était doué de l'aptitude spéciale qui saisit promptement le caractère dominateur des physionomies humaines et les discerne les unes des autres. Avant tout, cet artiste à l'âme tendre était un sensitif. Il pénétrait dans l'intimité de l'être, surtout des êtres aimés, et savait tracer sur leur regard et sur leurs lèvres l'expression de leur sentiment et de leur pensée. Aussi, les meilleurs de ses portraits sont-ils ceux de tous les siens et particulièrement ceux de. ses enfants hien-aimés. Ce coeur affectueux et doux n'avait pas tardé, en effet, à goûter la joie réservée à ceux qui se donnent, en s'unissant par un mariage, que le coeur seul décida, à la femme d'élite qui, mêlant à la sienne la direction élevée qu'ils donnèrent à l'éducation de leurs enfants, fit de chacun d'eux un privilégié de l'art. Le portrait, d'ailleurs, le ramenait sans cesse vers la nature et lui donnait, par chacun de ses modèles, l'impulsion nouvelle de sincérité et de vérité qui se serait perdue peut-être dans des compositions conventionnelles. Sa facture prit une liberté, une franchise d'exécution qui se tenait d'ailleurs toujours aussi loin des excentricités devenues à la mode que des poncifs surannés. Il se pourrait, fût-il dit un jour, que ce fût vieux jeu; ce qu'il y a de sûr, c'est que c'était la nature.
Quelques-uns de ses portraits s'élèvent jusqu'au style par l'intensité du caractère, et l'un de ceux-là, celui du P. Ligonnet, demeurera à un double titre l'une des chères gloires de l'École.
Si la tendresse guida sa main jusque dans les profondeurs des âmes chères, sa sympathie naturelle lui faisait improviser dans quelques coups de crayon, de fusain surtout, des portraits d'amis qui seront un document pour l'histoire du mouvement de l'art à Toulouse; ainsi, le groupe des familiers de l'atelier de Garipuy, vers 1868, où figurent Jules Buisson, Bladé, de Voisins-Lavernière, Leblanc du Vernet, Roschach, d'Uston, ainsi que celui d'autres artistes ou patrons de l'Union artistique qui compte déjà dix-huit années d'existence.
Gilbert de Séverac en fut le président, aussi aimé qu'autorisé, dès son origine. Ses conseils, que ce modeste ne donnait que lorsqu'on les lui demandait, toujours avec autant d'empressement que de discrétion, furent toujours écoutés avec respect parce qu'il joignait l'exemple au précepte. Travailleur assidu, jusque dans les jours où sa main défaillante commençait, avant l'heure, à lui refuser son service, il n'avait jamais cessé de s'élever dans l'interprétation du beau entrevu. A travers les traits, il voyait de plus en plus l'empreinte du Divin Créateur. Le séjour presque continu dans la petite ville de Saint-Félix ne l'éloignait pas des inspirations nobles et hautes que la solitude entretient parfois dans les belles âmes aussi sûrement que le contact avec les ateliers d'artistes et les musées. Il se plaisait à y vivre au milieu de sa belle famille. Combien souvent son regard se dirigeait vers les montagnes et les ombrages de Sorèze où il avait puisé peut être la passion pour les horizons vastes, et pour le beau réalisé dans la création qui a charmé sa vie! C'est dans cette retraite familiale que s'est éteint, après deux années de souffrances, le 17 novembre 1897, cet homme de bien, ce coeur fidèle, cette âme attachée à sa foi religieuse et à ses traditionnels principes. Les amis nombreux accourus de toutes parts autour de son cercueil témoignaient, par leur émotion douloureuse, de la place qu'avait tenue dans le cadre volontairement modeste de sa vie de famille et d'amitié cet artiste qu'avait éclairé sans cesse la flamme de l'idéal. Son buste, par Lamasson, figure dans la Salle des Fêtes et fut inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Le R.P. Louis-Emmanuel
BARRAL DE BARET

(1849-1853) + 1897
Louis-Emmanuel BarraI de Barret naquit à Florensac (Hérault) le 1er novembre 1837, d'une famille des plus honorables et des plus estimées dans le pays à cause de ses bienfaits. D'une nature vive et facilement espiègle, il montra de bonne heure un attrait sérieux pour les pratiques religieuses. Après avoir commencé ses études au pensionnat des Frères à Béziers, où il fit sa première communion, il fut envoyé à Sorèze.
Dès son entrée à l'École, s'il ne fut pas l'élève le plus brillant dans ses études, il conquit sur ses condisciples une grande autorité morale par la fermeté et la noblesse de son caractère. Cet ascendant ne fit que s'accroître, lorsque le Père Lacordaire eut pris la direction de la vieille École bénédictine. Les anciens condisciples de Barral dirent qu'il fut, parmi eux, l'âme de la résistance énergique contre un groupe de jeunes esprits forts dont ils triomphèrent, grâce à sa vaillante ardeur, dans une longue lutte souvent invisible à l'oeil des maîtres, mais où la foi des enfants était en danger.
Le connaisseur d'âmes qu'était Lacordaire remarqua bien vite le doux et franc regard de ce jeune homme qui s'attachait à sa personne avec une admiration passionnée. L'ayant étudié de près, il lui donna toute sa confiance en le nommant sergent-major de l'École et président de l'Institut qu'il venait d'organiser comme une section d'élite, destinée à promouvoir le travail et la vertu par l'encouragement de l'exemple, si efficace quand il s'exerce entre camarades. Le P. Lacordaire ne se contenta pas de distinguer son élève par ces marques d'estime et de confiance; il en fit, malgré les distances, son ami de prédilection, l'Emmanuel auquel il adressait les Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne, où il l'appelait: « L'honneur de l'École de Sorèze ».
A ce moment, BarraI venait de quitter le Collège pour suivre les cours de l'École d'agriculture de Grignon dont il obtint, à sa sortie, le diplôme officiel. Mais l'empreinte faite sur l'âme du jeune homme par le grand religieux avait été si profonde qu'il se sentait étranger à toute ambition humaine et ne pouvait se donner qu'à Dieu seul.
Ce fut au lit de mort du P. Lacordaire, dont il était venu recevoir le suprême adieu, qu'Emmanuel sentit se confirmer irrévocablement l'appel de Dieu. Après quelques délais accordés aux désirs de sa famille, il se rendait au couvent de Chalais et y commençait son noviciat sous la direction d'un de ses aînés soréziens. Après avoir prononcé ses voeux, le P. Barral fut envoyé à Arcueil, auprès du P. Cartier, pour l'aider dans la fondation de l'École Albert-le-Grand. Là, comme économe d'abord, et plus tard comme censeur, le jeune religieux, associé aux vicissitudes de l'oeuvre naissante, s'applique à mettre en pratique les enseignements de son illustre maître et à reproduire les exemples de son dévouement à la jeunesse. Après les premiers désastres de la guerre de 1870, le P. BarraI demanda et obtint un poste d'aumônier militaire. Attaché, avec le P. Baudrand, à la neuvième ambulance de la Presse, il se dépensa sans compter pour exhorter les mourants, secourir les blessés et distribuer à tous les consolations religieuses el les soulagements qu'il était possible de se procurer. Au retour de la campagne, il prenait un peu de repos à Coublevie où il apprit la captivité et la mort de ses frères d'Arcueil dont il envia le glorieux sacrifice. Il vint reprendre sa tâche avec une ardeur que ces événements avaient attristée sans l'amoindrir. Par son dévouement toujours modeste et désintéressé, il prit une part bien efficace dans le relèvement et l'extension de cette École, où il s'efforçait de susciter les entraînements généreux et les nobles efforts qui avaient enthousiasmé ses jeunes années soréziennes. Pendant trente ans consécutifs, le P. BarraI fut à Arcueil l'homme de tous les dévouements et de toutes les situations, toujours disposé à remplir les fonctions les plus difficiles, à rendre les services les plus ingrats dans les postes les plus humbles, comme les plus élevés. Surveillant de discipline, professeur, censeur, sous-prieur et prieur, pendant ces trente années, il a été le confident, le serviteur, le père et l'ami de tous ceux qui, à un titre quelconque, réclamaient de lui un secours ou un conseil.
Ainsi s'expliquent l'émotion et les regrets que suscita son départ d'Arcueil, lorsque, en 1893, ses supérieurs le désignèrent pour remplir à Coublevie l'importante charge de maître des novices. Il lui en coûta de quitter Arcueil, théâtre de labeurs de sa jeunesse et de sa maturité, et de s'éloigner de la tombe de ses frères. Ce fut un douloureux détachement qu'il accomplit sans faiblesse pour le bon Dieu.
Il apportait à sa nouvelle tâche la générosité et le dévouement qui, depuis le début de sa carrière religieuse, n'avaient fait que grandir en lui. Mais ses forces, qu'il n'avait jamais ménagées, devaient le trahir brusquement. Saisi, au mois de novembre 1896, par une première attaque de paralysie, il put d'abord se remettre assez pour être lransporté dans sa famille dont les soins affectueux semblaient devoir lui procurer un rétablissement plus prompt et plus complet. Au mois de mai suivant, le désir de se rapprocher d'Arcueil et de se trouver dans une atmosphère plus conforme à sa vocation lui fit entreprendre un long voyage dans l'espoir d'achever sa convalescence, chez les Dominicaines de Châtillon dont il avait été le directeur spirituel pendant plusieurs années. C'est là qu'une nouvelle attaque le mit bientôt à toute extrémité, sans lui enlever la lucidité de son esprit ni l'attachement passionné aux intérêts des âmes et à l'oeuvre de sa Congrégation. Il en donnait, la veille de sa mort, une suprême et émouvante manifestation en confirmant par sa déposition orale, devant les promoteurs de la cause des martyrs d'Arcueil, le témoignage déjà exprimé dans un mémoire auquel il avait consacré ses derniers efforts. Par cet acte de piété filiale et religieuse se consomme et se résume la vie de ce noble fils du P. Lacordaire et de Sorèze. Après avoir été vraiment l'honneur de Son École, Emmanuel Barral laisse à ses camarades et à ses successeurs un digne exemplaire de l'éducation qu'il avait reçue et dont il a transmis fidèlement le flambeau.
Le Père Barral est mort le 2 juin 1897 à Chatillon, et a été inhumé à Arcueil.
Son buste, en terre cuite, date de 1885.
Michel-Henri SERRES DE GAUZY
(1851-1858) + 1901
Né le 13 août 1840 au château de Feindeille, à Castelnaudary. Le jeune Henri, descendant d'une illustre famille de robe, ne pouvait avoir que du sang de magistrat dans les veines. Il est inscrit dès 1851 à l'Ecole de Sorèze dont le directeur et propriétaire est le chanoine Jean-François Bareille (1812-1895). A Sorèze, le nombre d'élèves est sans cesse en diminution, de graves problèmes financiers ne font guère envisager la survie de l'Ecole. Une école qui a lutté contre vents et marées depuis 1682 pour se maintenir et, malgré les évènements qui ont secoué la France, elle n'a jamais fermé ses portes. A la rentrée de 1854, un nouveau directeur arrive à Sorèze. Le Père Lacordaire accepte de prendre les rênes de la vieille institution. Pour certains élèves, l'arrivée du religieux, dans sa grande robe blanche, semble être l'aube d'un jour nouveau. Henri est un de ces élèves. Il aura pour le nouveau directeur une véritable affection filiale.
Un des élèves chéris du Père Lacordaire.
Sergent major 1857-1858, il aura la joie d'être nommé Etudiant d'honneur par le Père Lacordaire le 11 août 1858.
Magistrat au barreau de Castelnaudary, maire de cette ville de 1865 à 1870. Contribua à l'érection de la statue du Père Lacordaire. Président du comité pour l'érection de la statue.
Président du Conseil d'administration de l'Ecole en 1898. Vice-président de l'Association Sorézienne, puis président de 1899 à 1901. Henri avait pour Lacordaire une véritable affection filiale. Le grand dominicain devint l'ami de la famille, et chaque année aux vacances il venait en villégiature au château de Feindeille où l'on conserve pieusement la chambre de cet hôte illustre. C'est sous la direction d'Henri que fut rétabli le magnifique dortoir des Collets rouges, la restauration complète de la division des Bleus, l'assainissement et la réouverture de la cour des Jaunes ainsi que le salon des professeurs.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 27 mai 1901.
Etienne-Marie-Victor LAMY
(1856-1858) + 1919
Né le 2 juin 1845 à Cize, dans le Jura. Avocat. Député du Jura, vice-président du Conseil général. Membre de l'Académie Française en 1905. En devient le secrétaire perpétuel en 1913. Homme d'oeuvres catholiques et de combats incessants pour la liberté de l'enseignement. Meurt à Paris le 9 janvier 1919.

Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 23 mai 1926.

Marius-Auguste-Hyacinthe DOUZANS
(1859-1865) + 1898
Né le 18 juin 1848 à Banyuls sur mer. Entre dans la marine, comme ses frères, en 1865, aspirant le 2 octobre 1868, enseigne de vaisseau le 15 août 1870. Au 1er janvier 1879 il est sur la canonnière HYENE à Toulon. Lieutenant de vaisseau le 29 janvier 1879.
Au 1er janvier 1881, sur le "MYTHO", affecté au service réguliers des transports pour la COCHINCHINE (Pierre Charles DEW┬TRE, Cdt).
Au 1er janvier 1885 (nomination du 21 juillet 1883), commandant le torpilleur N°45, auprès du Vice-amiral Amédée COURBET, Commandant en chef l'Escadre d'Extrême-Orient.
Le 23 août 1884 au matin, le Lieutenant de vaisseau DOUZANS commandait le torpilleur N°46 au combat de FOU-TCHÉOU, chargé de porter son engin explosif contre la carène du croiseur "YANG-OU". L'attaque réussit, la torpille de 13 kgs, poussée au bout de la hampe vient exploser au milieu bâbord du "YANG-OU". Le croiseur chinois doit aller s'échouer pour éviter de couler. Un obus atteint le 46 et crève la chaudière. Immobilisé mais ayant rempli sa mission, il dérive en aval et va mouiller près des navires américains et anglais, dont les équipages le saluent de leurs acclamations.
Chevalier de la Légion d'Honneur, le 30 octobre 1884
Capitaine de frégate le 23 octobre 1885.
Au 1er janvier 1886, il est à Toulon.
Officier de la Légion d'Honneur, le 3 mai 1889.
Le 7 mars 1892, Commandant l'aviso-transport "DRAC", Station navale de TERRE-NEUVE".
Capitaine de vaisseau le 10 février 1893
Le 1er janvier 1894, Commandant le croiseur "SUCHET" en essais à Toulon, puis en 1895, en Escadre de Méditerranée.
Au 1er janvier 1896, il est à Toulon.
Il Commande le "SUCHET" en 1895.
Au 1er janvier 1897 (nomination du 23 octobre 1896), Chef de la Division navale de COCHINCHINE, et commandant la "TRIOMPHANTE", Ponton stationnaire à SA¤GON, guidon du Chef de division.

Campagnes de Tunisie, de Tonkin et de Chine, héros de Fou-Tchéou.
Commandant de la Division navale de Cochinchine. Créateur du port militaire de Saïgon. Mourut le 10 novembre 1898 à Djibouti des suites de la guerre en Chine.
Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 22 mai 1899.
Sa page dans l'espace tradition de l'Ecole Navale
Marie-Joseph-François-Henri
LAPERRINE D'HAUTPOUL

(1871-1876) + 1920
Né le 29 septembre 1861 à Castelnaudary. Entré à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1878; sous-lieutenant en octobre 1880; fait aux chasseurs d'Afrique la campagne du Sud-Oranais et de la Tunisie; est en septembre 1881 au 4ème chasseurs d'Afrique et y fait la connaissance du lieutenant De Foucault dont il était le condisciple à Saint Cyr en 1876; lieutenant au 1er spahis le 29 juillet 1885; envoyé au Sénégal en 1889; campagnes du Bahol, du Djolot; expédition au Soudan, sous le général Archinard, contre Ahmadou et contre Samory en 1890 et 1891; capitaine au 2e régiment de dragons en novembre 1891; chevalier de la Légion d'honneur en avril 1892; capitaine au 2e escadron soudanais en octobre 1893; campagne contre Samory, marche sur Tombouctou; envoyé aux spahis sahariens méharistes en 1897 (Touat, Soucara, ln Salah et les Forts); chef d'escadron au 7e chasseurs à Sampigny (Meuse) le 7 octobre 1899; gouverneur militaire au Touat.
Général de brigade en 1912. Grande Guerre. Participe aux combats d'Ypres, à Verdun, doit repartir en 1917 au Sahara à cause des insurrections. Liautey le nomme commandant des territoires sahariens où la situation s'est détériorée depuis l'assassinat du Père De Foucault le 1er décembre 1916. Général de division en 1918. Mort le 5.3.1920 au Sahara après un accident d'avion, victime de son dévouement. Il se laissa mourir de faim et de soif pour que ses camarades survivent. Il était l'ami du Père de Foucault, il est enterré à côté de lui au Hoggar. Son buste fut inauguré le 1er juin 1925 en présence du général d'armée D'Amade. Sa dépouille mortelle repose aujourdh'hui dans le cimetière Saint Michel de Carcassonne.
Déodat de SEVERAC
(1886-1890) +1921
©BNF/Gallica
Dessin de J Diffre en 1913

Né le 20 juillet 1872 à St Félix de Caraman, fils de Gilbert de Séverac (1847-1850). Compositeur de musique.
Auteur de Héliogabale. Délicat compositeur de musique profane et religieuse.
Issu d'une famille de vieille noblesse d'origine rouergate, Déodat de Séverac fit ses études à Toulouse puis à la Schola Cantorum de Paris, où il devint l'élève de Vincent d'Indy et d'Albéric Magnard. Il y prit des leçons d'orgue avec Alexandre Guilmant et devint assistant d'Isaac Albéniz. Très attaché à ses origines, il rejoignit le Languedoc, une région qui attira par la suite un certain nombre des artistes qu'il avait rencontrés à Paris.
En 1900, il écrivit des poèmes symphoniques sur les saisons. Il mit en mélodies des poésies de Baudelaire ou Verlaine ainsi que des vers provençaux et composa sa musique chorale avec des arrangements de textes en catalan. Il écrivit deux Opéras, Le Coeur du moulin, qui fut créé à l'Opéra-Comique de Paris le 8 décembre 1909, et Héliogabale, créé dans l'arène de Béziers avec l'introduction de la cobla catalane, groupe d'instruments jouant les primes et les tanores (instruments en bois apparentés au flageolet). Sa musique pour piano, au style très personnel, est souvent imagée et colorée, comme dans le Chant de la Terre, qui décrit une idylle rustique, ou les morceaux En Languedoc et Baigneuses au soleil. La suite Cerdaña, son chef-d'oeuvre, illustre son amour pour le terroir méridional.
Il fut le chantre d'une musique régionale et soutint, en 1908, une thèse sur « La Centralisation et les petites chapelles. » Claude Debussy dira que « Sa musique sent bon ».
Principales oeuvres

  • Oeuvres pour piano :
    • Le Chant de la terre (1900)
    • En Languedoc(1904)
    • Baigneuses au soleil (1908)
    • Cerdaña (1904-1911)
    • En vacances (1912)
    • Sous les lauriers roses (1918)
  • Musique pour le théâtre :
    • Le Coeur du moulin, poème lyrique en deux actes (1908)
    • Héliogabale, tragédie lyrique en trois actes (1910)
  • Mélodies :
    • Plusieurs recueils, dont À l'aube dans la montagne (1906) et Flors d'Occitania (1912)

    Déodat avait une grande prédilection pour l'orgue dont il jouait merveilleusement.
    Décédé le 24 mars 1921 à Céret, où il s'était établi en 1910. Il s'était marié à Béziers avec Henriette Tardieu le 25 mai 1913, dont il eut une petite Magali en 1916. Son buste fut inauguré le 1er juin 1925, lors de la Pentecôte.
    Voir www.musimem.com dans le chapître ORGUES et ORGANISTES.
    Autres portraits et photos sur BNF/Gallica.
  • Jean GABOLDE
    (1895-1898) + 1911
    Né le 22 juin 1882 à Saint Pons. Enseigne de vaisseau. Victime de son dévouement lors de la catastrophe du cuirassé "Liberté", en rade de Toulon, le 25 septembre 1911.
    Buste inauguré lors des fêtes de Pentecôte le 20 mai 1929.
    ** Jean MISTLER
    (1902-1911) + 1988
    Naît à Sorèze le 1er septembre 1897, dans l'épicerie que tenait sa grand-mère, place Dom DEVIC.
    Il fit ses études primaires et secondaires au collège de 1902 à 1911 où son grand-père, Monsieur d'AURIOL était professeur de musique.
    Brillant écolier, il entra après son baccalauréat au lycée Henri IV puis à l'École Normale Supérieure.
    Secrétaire d'État puis Ministre des P.T.T. dans le gouvernement de DALADIER en 1934 et faisait partie des jeunes turcs de ce cabinet.
    Président, à la veille de la seconde guerre mondiale, de la Commission des Affaires Etrangères de la Chambre des Députés, maire de Castelnaudary et député radical pendant sept ans (1935-1942).
    Il démissionna de tous ses mandats quand il comprit, en 1942, que le gouvernement du Maréchal PETAIN courait à l'échec. Plus tard, il devint directeur littéraire. Bon écrivain, il fut élu à l'Académie française en 1966. A l'occasion de son élection, il fit sculpter sur la poignée de son épée d'Académicien le clocher de Sorèze vu de la cour des Rouges. Il occupa ensuite à partir de 1973 le poste de Secrétaire perpétuel de l'Académie Française pendant de nombreuses années.
    Il fut longtemps Président de l'Association Sorézienne.
    Il mourut à Paris en 1998. Il est enterré à Sorèze, dans la tombe de sa famille, la première tombe à droite en entrant dans le cimetière neuf ("le champ de Perète", Perète était peut-être le nom ou le surnom du propriétaire du champ quand la commune l'a acheté, vers 1840, pour faire le nouveau cimetière). Les obsèques de Jean MISTLER furent l'occasion d'une des dernières cérémonies à laquelle l'École de Sorèze, avec sa fanfare et ses cinq cents élèves en uniforme, participa pour honorer un de ses fils, avant sa fermeture en 1991.
    ** Gabriel D'ARBOUSSIER
    (1919-1925) + 1976
    Né le 14 janvier 1908 à Djenné (Soudan français).
    Ancien Président de l'Association Sorézienne,
    Parlementaire Français, Ministre et Ambassadeur du Sénégal, décédé à Genève le 21 décembre 1976.
    Wikipedia dit : Né d'un père gouverneur des colonies (issu d'une riche famille de planteurs) et d'une mère musulmane descendante d'El Hadj Omar, Gabriel d'Arboussier commence dans les années 1930, après des études dans les facultés de droit de Paris et de Toulouse puis l' École coloniale, une carrière d'administrateur des colonies. Dès 1946, député du Gabon à la 1ère assemblée constituante, il est, avec Houphouët-Boigny un des fondateurs du Rassemblement démocratique africain (RDA), dont il devient secrétaire général. La même année, il est coopté par son parti pour être conseiller de l'Union Française (pour la Côte d'Ivoire). En 1949, vice-pdt du Mouvement mondial des partisans de la paix, il voyage à travers le monde. Son périple en URSS lui fait comprendre que l'avénement rapide du communisme en Afrique parait très hypothétique.
    Personnage haut en couleur, cultivé et brillant, d'Arboussier ne tarde pas à entrer en conflit avec Houphouet-Boigny dans la direction du RDA. Proche du PCF, il reproche à son aîné son rapprochement graduel vers le MRP. Cette opposition décidée lui vaut de perdre ses mandats au RDA et à l'Union Française.
    Premier-Vice-Président puis Président du Grand Conseil de l'AOF de mars 1958 à janvier 1959.
    Après la vague des décolonisations, devient ministre de la justice au Sénégal (1960-1962).
    Puis, il entame une carrière de fonctionnaire international :
    * Directeur adjoint de l'UNESCO de 1963 à 1964 et ambassadeur en France à la même date ;
    * Directeur adjoint de l'Institut de Recherche de l'ONU (1965-1966) ;
    * Nommé ambassadeur en RFA en 1974.

    Texte du discours d'inauguration de son buste le 3 juin 1979
    par François Mornand, président de l'Association Sorézienne
    :

         Né le 14 janvier 1908 à Djenné (Mali), fils d'Henri D'Arboussier gouverneur des colonies et de Aminat Ali Koita, apparenté au Grand Marabout El Hadj Seidou Nourou Tall, Gabriel Marie D'Arboussier fut tout au long d'une vie professionnelle aux activités variées — administrateur, homme politique, diplomate, législateur, enseignant — "un brillant avocat de la cause du Tiers-Monde".

         Ayant étudié à Sorèze, licencié en droit de l'Université de Paris, diplômé la même année de l'École Nationale de la France d'Outre-mer, il commence sa carrière comme administrateur.

         Il occupera successivement les fonctions suivantes : Commandant du territoire de Yako (1941), Directeur du Bureau politique de la Côte d'Ivoire (1943) et Directeur du Bureau politique du Gouverneur général d'Afrique Équatoriale Française (1944-1945). A parir de 1945, il a été parlementaire en Europe comme en Afrique. C'est ainsi que, en sa qualité de législateur, il a participé à la rédaction des constitutions françaises de 1945 et 1958. Il a été Vice-Président de l'Assemblée de l'Union française en 1947 et Président du Grand Conseil de l'Afrique Occidentale Française. Il prit part plus tard à la rédaction de la constitution fédérale du Mali (1959) et à celle de la République du Sénégal en 1962.

         A partir de 1959, il a été membre de la première Assemblée Nationale élue du Sénégal. En tant que Ministre de la Justice du Sénégal (1960-1962), il a été l'auteur de plusieurs lois fondamentales dont celle sur la nationalité. Il a aussi réorganisé l'administration judiciaire du Sénégal.

         Avocat, il a, de 1953 à 1960, exercé devant les tribunaux de Dakar et de Paris.

         Il a été l'un des co-fondateurs, en 1946, avec Félix Houphouet-Boigny (actuel Président de la Côte d'Ivoire) du Mouvement National d'A.O.F connu sous le nom de Rassemblement Démocratique Africain (R.D.A).

         Diplomate, il a été aux Nations Unies, en 1960, le chef de la délégation de son pays. Il a aussi été, en 1961, le Représentant du Sénégal aux négociations sur le Marché Commun.

         Il a aussi été Ambassadeur en France en 1963 et 1964, assumant en même temps les fonctions de délégué permanent à l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO).

         En ce qui concerne sa carrière d'enseignant, Gabriel D'Arboussier a été Membre du Conseil de l'Université de Dakar (1957-1964).

         A partir de 1958 il a été membre du Conseil d'Administration de l'Institut d'Étude pour le Développement Économique et Social (IESDES) de l'Université de Paris. En 1966, il a été fait Docteur Honoris Causa de la Seton Hall University de New Jersey.

         En dépit de ces diverses carrières, Gabriel D'Arboussier a eu une constante activité journalistique. C'est ainsi qu'il a, au cours des années 50, dirigé la revue "Réveil" organe du Rassemblement Démocratique Africain. A partir de 1961, il a été Président du Conseil d'Administration de la revue mensuelle "La Vie Africaine".

         Conférencier international, il a participé à des séminaires et des séances académiques en Afrique, en Europe, dans les Amériques et en Asie. Il a notamment donné lecture de sa conférence "une nouvelle dimension de l'homme" le 29 janvier 1965 dans la cadre de l'Année Internationale de la Coopération.

         En janvier 1967, le Pape Paul VI lui a demandé de remplir les fonctions de Consultant au sein de la Commission Pontificale pour l'étude des problèmes de justice et de paix.

         Il est l'auteur de nombreux articles et études sur des sujets divers. Il a aussi écrit un livre : "L'Afrique vers l'unité".

         Il termine sa carrière de diplomate comme ambassadeur du Sénégal à Bonn en 1969.

         Depuis lors, tout en conservant des liens étroits avec de nombreux dirigeants africains, il vivait une sorte de demi-retraite à Genève, se consacrant à un important travail en faveur de la santé et de l'immunologie en Afrique jusqu'à sa mort le 21 décembre 1976.

         Gabriel D'arboussier, qui a été Président de l'Association Sorézienne pendant de nombreuses années, était :

         Grand Croix de l'Ordre National du Sénégal. Commandeur de la Légion d'Honneur. Grand Croix du Mérite Allemand. Grand Croix de l'Ordre National du Cèdre du Liban. Commandeur des Palmes Académiques. Commandeur du Million d'Éléphants et du Parasol blanc. Commandeur de l'Ordre du Mérite Français d'Outre-mer. Médaille d'Honneur pour Belles Actions.

    Une vidéo de l'INA
    Le discours de D'Arboussier au 1er congrès mondial de la paix

    La salle des Illustres de l'Abbaye-École de Sorèze La salle des Illustres de l'Abbaye-École de Sorèze est le titre de l'ouvrage écrit par Marie-Odile MUNIER, archiviste de l'Abbaye-École et publié par les Presses universitaires des Sciences sociales de Toulouse/Presses du Centre universitaire Champollion. L'auteur retrace la biographie de ceux qui ont servi la Patrie et l'Église. Les bustes de Maîtres, Anciens et amis de passage, sculptés par des mains expertes, sont les grands hommes qui accueillent les nombreux visiteurs qui accèdent à la salle des Illustres. Le père Raynal, en 1899, alors aumônier de l'École avait désiré faire de cette salle Le Panthéon des gloires de Sorèze. Qui sont-ils ? Les militaires sont les plus nombreux ; viennent ensuite les religieux, fils de saint Benoît et de saint Dominique, les évêques, les hommes d'État, les hommes de génie, les académiciens et les artistes. Caffarelli, La Peyrouse, Lacordaire, Séverac, Hautpoul-Salettes, Andréossy, Marbot, Douzans, Dejean, Traversay, Puységur, de Séguin, Bastiat, Bolivar, Lamy, Gazan, Barral de Baret, Laperrine d'Hautpoul, Chambrelent, Cachin ... semblent dire aux visiteurs : « Soyez les bienvenus, merci de vous souvenir de nous... ».
    Prix de vente : 30 € au Point Accueil de l'Abbaye-École (+ 4 € de frais de port si envoi par la poste).

    Les armoiries


    Des armoiriesDes explications
    En-haut, la couronne comtale des Comtes de Toulouse, seigneurs de la région.

    Le haut de la fleur de lys du Royaume de France.

    A gauche, la Croix et à droite l'épée de Chevalier, signes du spirituel et du temporel.

    Les palmes de la gloire militaire et des belles-lettres académiques
    - Religion, sciences, arts et armes - les quatre pôles de l'éducation sorézienne..........

    Un autre
    ......
    Dans l'écusson : la croix du Languedoc.

    Le chien de Saint Dominique tenant dans sa gueule une torche enflammée, destinée
    à incendier le monde de l'Amour de Dieu
    et posant une patte sur le globe terrestre surmonté de la Croix du Christ.

    Au-dessus, la palme des martyrs et une branche de lys pour les vierges.

    Les petites armoiries en noir sur fond blanc sont les couleurs des dominicains.

    L'actuel blason de l'Association Sorézienne,

    En-haut, la couronne comtale des Comtes de Toulouse, seigneurs de la région.
    Le haut de la fleur de lys du Royaume de France.
    A gauche, la Croix et à droite l'épée de Chevalier, signes du spirituel et du temporel.
    Les palmes de la gloire militaire et des belles-lettres académiques
    - Religion, sciences, arts et armes - les quatre pôles de l'éducation sorézienne.
    Dans l'écusson : la croix du Languedoc.
    Le chien de Saint Dominique tenant dans sa gueule une torche enflammée,
    destinée à incendier le monde de l'Amour de Dieu
    et posant une patte sur le globe terrestre surmonté de la Croix du Christ.
    Au-dessus, la palme des martyrs et une branche de lys pour les vierges.
    Les petites armoiries en noir sur fond blanc sont les couleurs des dominicains.

    Le tampon de l'école


    Les drapeaux


    Nous connaissons tous le dernier drapeau de l'école, qui date des années 40. Mais les précédents ? Petit retour en arrière à travers l'Histoire...
    Lors du bicentenaire de 1976, des élèves ont défilé en uniforme des Écoles royales militaires, derrière un drapeau censé être celui de 1776 : blanc avec trois fleurs de lys. Petit problème : ce drapeau n'a jamais existé. L'Ancien Régime ne connaissait pas de drapeau "tous usages", il a fallu attendre 1794 pour que la Convention uniformise tout avec le tricolore dessiné par le peintre David. Auparavant, il y avait le drapeau du royaume et de la marine royale (tout blanc sans aucun motif), celui du roi (blanc avec fond fleurdelysé et les armes royales), celui de la famille royale (blanc avec fond fleurdelysé), celui de la marine marchande (bleu avec une croix blanche, avec ou sans les armes royales - c'est l'ancêtre du drapeau québecois), sans compter les innombrables drapeaux militaires : chaque régiment avait le sien, avec des arrangements de couleurs différentes, le seul point commun étant une croix blanche. Et les écoles militaires ? Nous n'en savons rien, nous ne pouvons qu'avancer des hypothèses.
    Première hypothèse : sachant que l'école avait adopté les armoiries du Languedoc (la croix de Toulouse), telles qu'elles figurent au dessus de l'entrée principale du XVIIIe siècle (à hauteur de la cour des Rouges), on peut supposer qu'un drapeau les reproduisait. Lacordaire a fait figurer la croix sur les armoiries de l'école, et elle a été présente sur les derniers drapeaux que nous avons connus.
    Deuxième hypothèse : général en chef de l'armée vendéenne à 20 ans, Henri de La Rochejaquelein n'avait connu que Sorèze, la Révolution ayant stoppé sa formation militaire. Il adopta un drapeau qui lui était propre, blanc avec les armes royales, mais portant une croix au milieu des fleurs de lys. Était-ce un souvenir de Sorèze, avec les lys (l'École royale) et la croix (les Bénédictins qui administraient l'école et assuraient l'enseignement autre que militaire) ? Allez savoir...
    Troisième hypothèse : en 1820, Louis XVIII donne à l'École spéciale militaire de Paris (qui, auparavant, était l'aboutissement des études préparées dans les Écoles royales) un drapeau spécifique, blanc fleurdelysé avec les armes royales. Était-ce un souvenir du passé des Écoles militaires précédentes ? Pour ma part, j'en doute, car la Restauration a uniformisé son système de drapeaux : c'est toujours pratiquement le même.
    Donc, nous voilà Gros Jean comme devant : nous n'en savons rien. Et l'École avait-elle réellement un drapeau ? Si oui, je pencherais pour ma part pour l'hypothèse La Rochejaquelein, qui semble plausible.
    Passons à Lacordaire. Lorsqu'il reprend Sorèze en 1854, il lui donne un drapeau très simple, qui était autrefois visible au musée de l'école et qui a disparu depuis (le collectionneur anonyme serait bien inspiré de le restituer... même anonymement). Il montre les trois couleurs des divisions de l'école à l'époque : rouge, bleu, jaune, disposées verticalement comme dans le drapeau tricolore. Curieusement, c'est exactement le drapeau de Simon Bolivar, aujourd'hui repris, avec des dispositions différentes, par plusieurs des pays nés des guerres du "Libertador" : Venezuela, Équateur, Colombie. C'est peut-être l'une des raisons de la légende de Bolivar sorézien, d'autant qu'il est venu à Sorèze plusieurs fois dans les années 1800. Sa famille comptait pas moins de six élèves à Sorèze, quatre neveux et deux cousins. Qui plus est, au XIXe siècle, Bolivar était une superstar qui incarnait les idées de Liberté chères au Père Lacordaire.
    Dans les années 1900, avec la création de la division des Verts, un autre drapeau s'impose (il a lui aussi disparu, hélas). On ne peut pas dire que ce soit une réussite esthétique, mais il correspond aux goûts de l'époque. Sur fond des quatre couleurs, il montre la croix dominicaine, noire et blanche et fleurdelysée, les armoiries du Languedoc et celles de l'École. Il sera en usage jusque dans les années 1940.
    Après la guerre, on modernise l'uniforme qui garde les mêmes couleurs mais s'adapte à celui de l'armée française, avec le calot, et le drapeau est simplifié. C'est celui que nous avons connu : toujours les quatre couleurs, la croix dominicaine, d'un côté les armes du Languedoc et de l'autre celles de l'ancienne abbaye, la devise de l'École et celles des deux ordres religieux, Pax (Bénédictins), Veritas (Dominicains).
    Il est aujourd'hui au petit musée de l'Abbaye-école. J'espère qu'il est lui-même bien protégé, car le collectionneur anonyme doit lorgner sur lui, et ça, nous n'en voulons pas : pas touche au drapeau qui nous est cher et derrière lequel nous avons défilé.

    Philippe Houbart

    1 - drapeau du défilé du bicentenaire de l'École royale militaire, 1976
    2 - drapeau aux armes du Languedoc
    3 - drapeau de La Rochejaquelein
    4 - drapeau donné par Louis XVIII à l'École spéciale militaire, 1820
    5 - le même, revers
    6 - le même, cravate
    7 - drapeau de l'École sous Lacordaire, 1854
    Le père Lacordaire avait désiré un drapeau aux couleurs des 3 divisions, Rouge, Bleu et Jaune. Cette étoffe de laine fut sortie pour la première fois depuis 84 ans des salons de l'Eveché, portée par le Président de l'Association Sorézienne, Jacques Robin (1924-1929). Ce drapeau a disparu.
    8 - drapeau de l'École, années 1890-1900
    9 - drapeau de l'École, années 1940

    1 - drapeau du défilé du bicentenaire de l'École royale militaire, 1976

    2 - drapeau aux armes du Languedoc

    3 - drapeau de La Rochejaquelein

    4 - drapeau donné par Louis XVIII à l'École spéciale militaire, 1820

    5 - le même, revers

    6 - le même, cravate

    7 - drapeau de l'École sous Lacordaire, 1854
    Le père Lacordaire avait désiré un drapeau aux couleurs des 3 divisions, Rouge, Bleu et Jaune.
    Cette étoffe de laine fut sortie pour la première fois depuis 84 ans des salons de l'Eveché,
    portée par le Président de l'Association Sorézienne, Jacques Robin (1924-1929). Ce drapeau a disparu.

    8 - drapeau de l'École, années 1900
    Cette bannière de 1890, très abîmée, est aux armes de l'Ecole, en soie et broderies d'or et d'argent.
    L'étendard, dessiné à la fin du XIXème siècle par la soeur de Déodat de Severac, en broderies, a aussi disparu.


    Le drapeau de l'Ecole en 1894


    Dans Les Soréziens du siècle 1800-1900

    9 - drapeau de l'École, années 1940


    Autres notices individuelles
    Anciens ayant fait carrière militaire

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